Je ne suis pas allé voir ma mère hier dans sa "résidence" de Bagneux; elle vient d avoir 99 ans avec Alzheimer. Mais je ne me sentais pas bien et j en voulais à mon frère de ses refus (je lui avais proposé de l inviter à un déjeuner pour son anniversaire: refus puis de lui montrer ma bibliothèque très basique pour ranger une partie de mes livres: refus; puis il annule la visite de vendredi dernier) et de son laconisme.
Cet homme est affectivement bloqué comme beaucoup de gens à notre époque il "dysfonctionne", ce que me confirme ma thérapeute; elle a été très claire la fois dernière, bientôt il ne sera plus possible d exercer vu la "désinvolture" actuelle; on annule un rendez-vous à la dernière minute; on décide d arrêter les soins brutalement et unilatéralement etc etc.

L époque est décidément triste je le dis souvent certes.

D où cette compensation que constituent le défilé du 14 juillet et la Coupe du monde de foot.

Le 14 juillet n est plus ce qu il était d'abord parce que la saturation s en ressent chez moi; mais j ai besoin de "rituels" sécurisants, de rendez-vous qui témoignent du fait que je  suis encore de ce monde et ces défilés font lien avec mon passé lointain; petit j adorais jouer avec de petits soldats de plomb; je revois en pensée ce garde républicain en grande tenue qui avait perdu son sabre que je remplaçai par une épingle sans compter les soldats américains et leur jeep...

Paradoxalement comme une douceur de mon passé derrière le militarisme qui me fascine...de loin!

Le spectacle comble mon côté badaud qui remonte lui aussi à mon enfance; j adorais me précipiter dehors dès qu un accident de voiture se produisait; ce n est pas un hasard si beaucoup plus tard j ai adoré ma brève période de journaliste-critique...

La Coup du Monde a lieu demain, elle.

Toute la France retient son souffle on peut le dire. J ai pitié de ce pays et de la gravité de ses problèmes qui m impactent comme les autres, plus et moins que les autres certes mais nous sommes (à peu près) tous dans cette galère qui n en finit pas, Macron ou pas. L immense armée de sans-emploi m ôte toute légèreté de coeur et cette publicité suffocante de bêtise montrant à l envi ces gens baignant dans la joie parce qu ils ont (enfin!) le dernier modèle de voiture ou croquent des chips parfumés me déprime...

Je l ai déjà dit: vivement que ce pays en forte dépression ait "sa" coupe du monde! qu on ait un moment de joie même par "contagion"!

Comme dit le poète: "qu importe le flacon, pourvu qu on ait l ivresse!"