Choses vues entendues sues

23 août 2019

A quoi sert le sexe?

Un article a attiré mon attention sur la page d un journal de mon smartphone sur l'infertilité qui s'accroît, couplée à l'abstinence de toute relation sexuelle chez de plus en plus de jeunes en Occcident...

Il y aurait tant et tant à dire sur ces deux phénomènes et il me semble que la coïncidence n est pas que fortuite.

La Catastrophe Ecologique que rien ne vient arrêter, la cupidité humaine étant sans bornes et l'Argent la valeur suprême et la mesure de toute chose, semble un facteur déterminant; d une part les perturbateurs endocriniens et autre substances délétères jouent leur rôle dans la partition; des espèces disparaissent chaque jour entre autres...

 

Mais cette infertilité a à voir avec la baisse dramatique des spermatozoïdes chez l homme et à ce sujet on a invoqué, y compris les spécialistes, plusieurs causes.

Cependant et je fais le lien entre les deux phénomènes: le désir de se reproduire n'a plus la force de jadis.

A quoi bon? Insécurité palpable et constamment alimentée par les messages des médias, dans le métro, le train, l avion, etc.
On a l'impression de vivre en vrai dans un film d horreur; surpopulation dans les métropoles que les gilets jaunes considèrent, à tort comme favorisées; que de fois j ai fait ma crise me sentant talonné par une personne pressée derrière moi! complexité absurde des démarches les plus banales: acheter un shampooing, vendre un livre, faire nettoyer son linge, commander un article, acheter une place de train (record de la complexité avec un hyper-choix et un  jeu de primes qui fait perdre l envie de jouer, faisant ressembler l acte à la recherche opérationnelle dans l industrie de pointe...
Sans parler de la crise de l'emploi qui prospère malgré les plans ronflants...

Les géniteurs potentiels n'ont plus tellement envie de faire des gosses; les femmes, de leur côté retardent au maximum leur maternité; leur job avant tout (même si les jobs devient de plus en plus inintéressants et stressants)...

Mais le foyer de l affaire me paraît être la pulsion de vie et les cas d asexualité se multiplient dans les nouvelles générations: tout bêtement, on n'a pas envie de transmettre la vie si cette vie paraît vaine, absurde, inutile.

Freud avait déjà bien repéré la "pulsion de mort" (tant contestée par ses collègues; c est souvent bon signe!) à l oeuvre dans les conduites suicidaires ( de fait, obésité, conduites à risques, polytoxicomanies, violences meurtrières, enfant unique, autant de signes) et l incommunication sociale. J ai appris que de nombreux jeunes préfèraient copuler avec des êtres virtuels; on sait l efficacité proche de zéro des sites dits "de rencontre" où on vient SE rencontrer...l'autre jouant alors le rôle de reflet dans le miroir.

De plus la dématérialisation de ce temps se prolonge dans la cérébralisation et l oubli du corps, ce corps devenu marchandise parmi d autres marchandises, ou mieux machine parmi les machines; spectacle ahurissant de runners sur l'asphalte consultant des compteurs de performance; bien, le corps instrumentalisé sera plus efficace au boulot et l inusable égo y trouve son compte (miroir, mon beau miroir, ne suis-je pas le plus beau, la plus belle?); je lis de plus en plus la formule: "le cerveau c est sexy", sauf que ce transfert est un cache-misère (un cache-sexe) qui ne trompe pas; il n y a jamais eu autant de diplômes inutiles débouchant sur ...rien.

Allez, une note optimiste pour conclure!

La maîtrise du sexe ou son  renoncement qui fut autrefois la parure du clerc ou du chevalier en Occident n'a plus le même sens à l heure où on ne croit plus en rien si ce n est en son égo qui devient l ombre de lui-même avec l enfermement dans sa propre prison qui signe le retour de la pulsion de mort.

Et en cela, comment ne pas penser à Schopenhauer pour qui la vie est une passion inutile, Schopenhauer qui mérite d être relu; parmi les premiers en Occident il s est plongé dans les écrits bouddhiques même en les mécomprenant: le vide n est pas le rien, cher Arthur! De plus on sait que la compagnie des caniches le ravissait; tiens, tiens, regain de l intérêt pour les animaux aujourd'hui,...

Pour le philosophe-poète qui a tant inspiré les artistes à commencer par Wagner et les philosophes à commencer par Nietzsche, les hommes sont des marionnettes mues par de puissantes forces obscures, Volonté de (se) reproduire qu il détestait car disait-il faire naître un nouvel individu c est ajouter un mortel à d autres mortels.

Passion inutile: on fait un nouveau malheureux et aliénante puisqu on n'est pas conscient d être le jouet de la Nature aveugle...

Serions-nous redevenus disciples de Schopenhauer?

Disons çà, c est plus "classe"...

 

 

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22 août 2019

Où l on voit une fois de plus que tout se complique

Panne du blog ce matin ou plutôt soyons honnêtes arrêt pour maintenance; cela tombait bien, je n 'avais pas grand chose à mettre sous la dent; maintenant çà y est je tiens mon "histoire" avec pour intitulé les mésaventures d'un linge à laver.

Je sais bien, on n est plus au temps des lavandières (en ces temps très anciens les femmes apportaient leur linge au lavoir de la commune, tâche ardue mais pouvaient avoir des contacts humains qui de nos jours se raréfient colle l eau et l air purs; au temps de ma grand-mère il y avait jour de lessive et une femme venait laver le tout dans une grande cuve au savon de Marseille dans la cour).

Aujourd'hui, implacablement, le "progrès" suit sa route ou plutôt son autoroute. 
Depuis quelque temps, croyant bien faire je fais appel à une start up et une fois encore la solution devient problème: qu on en juge, un boxer de marque perdu (on me promet un dédommagement qui ne vient toujours pas); des frais que je m'empresse de régler pour tout lot de linge; je me rends ce matin à l'officine habitant tout près avec de nouveaux frais facturés en sus (pourquoi? explications embarrassées de l hôte d accueil; il me parle d une ancienne livraison; laquelle? puisque je règle ce qui m est demandé illico: de plus tout le linge n est pas là; problèmes de logiqtique, ah?!).

Bien, on me promet de livrer (ou de me remettre le restant du linge) demain.

Ok; l histoire n est pas finie, puisque sitôt de retour chez moi aujourd'hui, nouvel sms avec une nouvelle somme à régler. Pourquoi alors qu on m'avait promis que tout était réglé ce matin; je ressors de chez moi et  demande ce qu il en est; il s irrite en me faisant porte la responsabilité: on ne paye pas sans savoir pour quoi on paye; si j ai bien compris c est au client de procéder aux vérifications qui relévent de "leur gestion".
Trop c est trop; j accepte ce délai (au fait pourquoi cette ventilation échelonné du linge traité?) pour le reste du linge et je dis à l'hôte de réception: cette fois ce sera le dernier linge.
Leçons de toute cette "affaire": l honnnêteté ne paie pas, le client doit de plus en plus se charger de ce qui ne lui incombait pas naguère, la complexité des choses devient stupéfiante. On peut multiplier les exemples: chaque acte du quotidien de banal devient problème (autre exemple? ce matin j ai une simple lettre à poster: unique machine acceptant les espèces en panne, une autre machine acceptant la carte Visa ne marchant pas; la dernière enfin débite une somme dérisoire de 1, 05 €; où est le gain? Mon cahier de comptes se remplit de minuscules sommes...D où complexification de la comptabilité...

On arrête pas le progrès Monsieur; quel progrès ma brave dame?

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21 août 2019

Le monde du silence et des cris

Comme on dit en français: hier, "j'ai pris mon courage à deux mains" et me suis rendu seul à l EPAHD de Bagneux pour rendre visite à ma mère; je rappelle que les soignants consultés la dernière et récente fois s étaient montrés pessimistes sur l'état de ma mère. Elle refusait la nourriture (ma grand-mère maternelle, très peu avant son décès avait refusé de prendre son petit déjeuner); nous l'avions trouvée apathique, le regard moins vivant, toute tassée contre le dossier de son fauteuil roulant (il y en a de plus en plus de ces fauteuils, en France), esquissant un "sourire".

Un peu absurdement (pas tant que çà au plan symbolique), je me payais un repas dans la brasserie habituelle, Porte d'Orléans avant de prendre le bus 188; il faisait assez beau, presque chaud...

Bus 188 pas très long à attendre et les gens de monter peu à peu, visiblement des banlieusards; n y voyez pas de mépris de ma part; moi aussi, j ai vécu longtemps en banlieue (Vitry, un petit enfer; Maisons-Alfort plus chic et verdoyant) pas à Versailles non...

Africaines en boubou, femmes voilées (même très jeunes...), adolescents obèses, écouteurs vissés aux oreilles, vêtus de survêtements pas toujours ajustés, marmaille de petits noirs bruyants...
Un autre monde, déjà dès le périphérique...

Je fais attention aux arrêts; il ne s'agit pas de manquer le stop...

Une marche de 10-15 minutes et me voici devant la maison du silence et des cris, non loin (étrange présence d une cimenterie qui annonçait sur un panneau, fièrement, son centième anniversaire, comme ma mère...)

Je passe sur les 4 ou 5 codes pour entrer dans le saint des saints; j en avais déjà autant sur mon smartphone mais aucun ne correspondait à telle porte, à tel ascenseur (bijection donc imparfaite). C est que en haut lieu on craint que l une des pensionnaires ait envie de fuir...ce qui me rappelle l excellent film "vol au-dessus d 'un nid de coucous" de Milos Forman, extraordinaire d humanité.
Bref, j'arrive enfin après m'être trompé d'étage comme il se doit (1er ou 2ème; je crois que mon étourderie n est pas seule en cause).

Vision panoramique de ces quelque 40 têtes chenues, des femmes (par la suite j avisai la présence d un seul homme) ne regardant pas la télé déversant son flot d images inutiles ur des personnes ailleurs (quel ailleurs?).

Une fois de plus je crus reconnaître ma mère; mais elles se ressemblent, ces très vieilles personnes! un peu comme les bébés, exposés en série (un documentaire me revient en mémoire à la gloire de la natalité sous Mussolini: un grouillement de petits corps nus comme des vers).

Je "la" trouve; une soignante (il y en a peu pour toute cette assemblée, je trouve) a la gentillesse de m'aider à extraire ma mère de ce groupe sériel (Sartre désigne par groupe sériel un groupe au sens mathématique: des gens proches dans l espace sans lien )...

Je suis assez maladroit et j ai du mal à piloter une simple chaise roulante. Nous sommes ma mère et moi dans un coin, à part (cela ne afit pas de grande différence apparemment car je crois que la communication se fait quand même par d autres canaux).
Toute tassée, bien maigre, comme désarticulée, cheveux épars, tout blancs et semble-t-il plus rares, elle a le même regard que la dernière fois et je lui hurle des questions, des noms qu elle est censée connaître, le mien, celui de son mari, celui de mon frère; peu de réactions...

Je la touche (le sens qui reste intact?); elle est si maigre...

Bien vêtue, elle a toujours son plâtre; le fait-elle souffrir?

Je m'avise pour compenser mes rares visites par rapport à celles de mon frère à présent en vacances, de rester un moment; où? Mystère...Voilà mon frère!

Et je discute avec le sympathique infirmier malgache (j aime cet accent de la grande île) et une soignante africaine; "elle" mange quand elle veut bien; sinon on lui fait avaler une liquide bourré de nutriments essentiels....

Mon infirmier avait l'air moins alarmiste que la fois dernière ...

Je poursuis en hurlant mes questions "identitaires"; rien...

Je la touche encore ici et là et voilà qu'elle marmonne mais quoi? Puis elle chantonne et çà me fait mal, très mal (elle avait une jolie voix et aimait chanter commme son fils qui a tâté du chant, du piano, de la clarinette) sur des paroles inarticulées, elle "me" regarde (qui est ce "me" pour "elle"?) et je la touche délicatement et cela provoque un tremblement que je ne saurais comprendre.

Je lui parle du soleil, de la verdure, de son fils...

Qu entend-elle?

Mais cette longue présence de cet homme étrange(r)-connu ( dans les brumes on croit reconnaître un clocher, une arbre, un enfant) et cette communication hors normes j imagine et je veux croire que çà lui a fait du bien, à cette femme, ma mère.

Une heure d affilée dans cette maison comme il y en a tant et tant en France...

Soljenitsyne avait écrit un chef-d'oeuvre sur le "pavillon des cancéreux", Tchekhov sur les bagnes, Dostoïevski aussi; les russes en savent quelque chose de ces  milieux clos; le sociologue Goffman a beaucoup écrit sur ces espaces méconnus où les codes changent, où la vie ordinaire fait place, une fois l entrée franchie, à une autre vie.

Je suis sorti en "perdant" un bon quart d heure pour retrouver les bons codes, cette fois au sens de numéros dont nous sommes maintenant environnés.

Des numéros, des numéros, encore des numéros, de la naissance à la tombe.

Shakespeare avec Hamlet posait déjà la question des questions: qu est-ce qu être un homme?
On le sait, des dizaines de défintions en ont été donnés; aucune n est vraiment satisfaisante.

L aube de la vie rejoint quelque part son crépuscule dans ce qui semble rester l obscur noyau vivant qui nous ramène en amont dans la très longue évolution dont nous sommes tous le fruit, tels des organismes dotés a minima des fonctions que la biologie reconnaît comme nécessaires.

La vie, le don le plus précieux, la vie humain, don plus précieux encore.

Ici le bouddhisme nous enseigne que naître dans un corps humain est une chance unique et le judaïsme va dans le même sens: la Vie est un don divin.

Halimi le jeune Juif ( dont le prénom Ilan signifie arbre comme "arbre de vie") supplicié jusqu à la mort et traîné par ses bourreaux au petit matin sur une voie ferrée méconnaissable m'avait fait penser au Christ aux outrages.

Cela s'était passé aussi à Bagneux, à quelques encâblures de Paris. 

Bagneux, une commune comme tant d'autres, sans identité propre, avec ses barres, sa piscine, sa maison de la culture et son EPAHD...

 

 

 

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20 août 2019

L'embarras du choix

L'embarras du choix, non pas celui de l'acheteur face à 50 shampooings différents, avec la marque, la composition, le prix, la forme du contenant, la couleur, la place sur l'étalage, la renommée, le volume, etc mais le mien face à la déferlante d informations, retour de la plongée dans le monde du silence et du "sacré" avec ma retraite (la double signification du mot est gênante; autant je déteste la retraite comme l après-travail où on a l'impression d encombrer, autant j'apprécie au fond l'autre retraite, loin des métropoles encombrées, loin des médias qui broient du vide, loin des stars d un jour, loin des futilités de la vie "mondaine" où dominent le faux, le pare-être, l hypocrisie, le clinquant; Pascal a définitivement pointé "le divertissement" comme ce qui nous éloigne de l essentiel (l essence-ciel).

Qu'aurait dit d aujourd'hui le génial natif de Clermont Ferrand? a son époque les solitaires de Port-Royal avaient le silence un luxe de nos jours et la nature et la pensée aiguisée sur les questions qui sont inactuelles à force d être toujours actuelles.

A son époque, fortement marquée par les querelles religieuses au sein du catholicisme, entre jansenistes et jésuites, la campagne sauvage dominait avec des bourgs çà et là et bien entendu Versailles et ses splendeurs et...ses odeurs...

Tout a tellement changé qu une machine à remonter le temps nous rendrait  très perplexes comme si l on débarquait sur Pluton...

Je voulais parler des informations qui nous arrivent en torrent sans fin; plus çà va plus j ai l impression d entendre les mêmes choses si dérisoires, si fabriquées, si peu signifiantes dans la perspective d l Histoire. Ainsi un petit fait se révèle dans l après-coup essentiel; à l inverse un événement deux jours après n a plus d importance.

En vrac, ce matin on nous a entretenu de la lamentable affaire Epstein, des bourses scolaires, des conflits interminables en Afrique, du G7 de Biarritz, de la contraction de l économie mondiale, de la fuite des cerveaux des pays de l Est...

Trop, c est trop et le bon grain n est pas séparable de l ivraie sauf à être expert et je ne suis pas toujours sûr de la fiabilité des analyses desdits experts...

La méditation bi-quotidienne me recentre faute d un terme meilleur.

Je suis comme tout un chacun assiégé par les soucis de tout ordre mais je me "paye" ce moment loin de ce tohu-bohu qui transforme notre pauvre cerveau en une poubelle.

Je m'assieds sur ma chaise et attends; ici pas de divertissement (latin "divertere": détourner); au moins je ne (me) fuis pas, je suis en moi, mon esprit installé dans lui-même et mon corps ramené à lui.

Mais rien n est simple en cette vie.

Je n ai pas à mon actif des milliers d heures de méditation ni participé à je ne sais quelles Olympiades (tout est objet de quantification, de mesure, de performance, de démonstration) mais je perçois ce qui se passe ou qui ne se passe pas.
C'est toujours pareil et toujours différent; c est parfois mortellement ennuyeux et on a tant à faire. Parfois un flash vient on ne sait d où et on l accueille.
Je pense traiter avec plus de précision ce thème dont on sait qu il constitue dans la tradition de l Inde le fond même de la culture, une des plus anciennes au monde...

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19 août 2019

Affaire de sexe où le réel et la pensée de ce réel sont réévalués

Histoire de changer...

Mon attention a été attirée ce matin sur un cas de changement de sexe aux états-unis qui a entraîné le licenciement de la personne concernée.

Cela donne beaucoup à réfléchir sur l'état des sensibilités, la question cruciale aujourd'hui de l'identité (le fameux "qui suis-je?) et les problèmes d'ordre sociétal, psychologique, biologique, juridique, métaphysique que ce type de cas pose.

Mais je débuterai par une anecdote qui va loin: la première obédience maçonnique de France, le godf, a du modifier ses statuts il y a une vingtaine d années pour passer d'organisation  strictement masculine à mixte parce qu'un de ses membres éminents avait de fait changé de sexe: on peut imaginer le problème. Soit on excluait cette "néo-femme" et qu en aurait-il été du souci fraternitaire soit on n en faisait rien et de ce fait l'insitution prestigieuse se voyait radicalement changer d'"identité" chargée d Histoire. 

Après les débats qu on imagine, les instances suprêmes ont opté pour la mixité...Pour mémoire, il existe des obédiences masculines (historiquement les plus anciennes car la chevalerie médiévale, notamment, et son code d honneur a été considérée comme à l origine mythique de ces "ordres"), d'autres féminines, d'autres mixtes.

La question divise car d'aucuns préfèrent se retrouver entre soi (et incidemment éviter les dérives possibles) au contraire d'autres qui au nom de l'universalisme idéaliste acceptent les deux sexes.

Mais la question du sexe est retravaillée de nos jours et l'on sait l'importance des études dites "de genre" dans les universités américaines. Judith Butler  elle-même se revendiquant homosexuelle militante en est la grande promotrice.

Mais cette question du sexe est ancienne et tout le monde a entendu parler du chevalier d Eon, diplomate de Louis 15; connu pour son goût des travestissements, son autopsie conclut à son appartenance au sexe masculin et il semble que le contexte culturel ait son rôle; qu on pense au personnage de Chérubin en vogue au 18ème siécle.

Essayons de débrouiller l'écheveau de la question; on peut distinguer le sexe biologique (appareil anatomique apparent masculin ou féminin ou mixte; j'ai personnellement connu un être androgyneavec seins proéminents et oraganes de reproduction mixtes), le sexe vécu différent du sexe anatomique qui conduit les hommes ou les femmes se vivant comme étant du sexe opposé à avoir recours à la chirurgie pour se "faire refaire" un corps muni des attributs de l'autre sexe; on appelle "transgenres" ou "transidentitaires" des personnes se revendiquant des deux genres; on m a fait part du cas d une personne féminine par l'apparence mais se comportant comme un homme "à part entière" au lit avec  possibilité de pénétration, le pénis étant présent). Dans ce cas précis un homme se présentant comme femme a un comportement d homme au plan sexuel.

On sait la récente actualité française où une personne trans a été agressée lors d une manifestation.

Il ya encore les homosxuel(le)s et les bisexuels qui cette fois se distinguent par l attirance pour le même sexe ou les deux sexes.

Je me souviens que dans les années 70 on parlait de personnes souffrant de véritables "délires" de revendication de l autre sexe; ces personnes du coup relevaient de la psychiatrie. notosn encore les cas de  personnes regrettant leur changement de sexe; on imagine la difficulté des spécialistes à poser un diagnostic fiable...

 

Mais j ai conscience de la fragilité de mon analyse car la situation, déjà complexe, est très évolutive et les personnes concernées interrogées ont des visions différentes de leur propre problématique; j aurais envie de dire que, à présent, on n a plus de binarité nette mais un continuum du masculin au féminin (de plus que dire des hommes à la sensibilité féminine et des femmes viriles au plan du caractère?).

Si l on se hasarde hors de l espèce humaine on trouve des formes encore plus étranges avec notamment des changements de sexe au cours de la vie ou des mâles petits et des femelles monstrueuses...Etc 

 

Difficile de conclure sinon que, une fois de plus, la nature se révèle beucoup plus complexe que l on croyait et le vieil Aristote s il revenait en perdrait...son grec. Sa logique rigide et bien compartimentée en subirait un sacré coup.

L ordre du monde n existe pas ou plus; c est le chaos et l indifférencié qui règne ici et ailleurs; plus nous en savons sur le cosmos plus nous découvrons des objets étranges difficiles à classer; ce n est pas un hasard qu on a parlé de théorie du chaos (Gleick)

Je terminerai par deux considérations: la notion d identité est en pleine mutation, les individus se réclamant maintenant de plusieurs catégories au plan de la nationalité, de la culture, et donc ici du sexe.

Cette identité devient de plus en plus un mot fluide qui ne désigne plus ceci ou cela mais ceci et cela: logique inclusive aux lieu et place de logique exclusive. Du coup les anciennes catégories de la pensée ne fonctionnent pas (l autre et le même puisque tel est l autre ET le même).

Dans un monde fluide et changeant qui curieusement rappelle les figures des mythologies les plus anciennes ("on" est animal et homme, hommes puis femme etc) un nouveau paradigme est à l'oeuvre, de la Physique quantique (une particule est ici ET là; elle est ET elle n est pas) à la classification des espèces en zoologie, celui du pluralisme dynamique de l identité en passant par la logique du flou dans l informatique.

 

Certains sont mal à l'aise face à tant d ambiguïté alors que d'autres apprécient.

Pour mémoire la gigantesque étude d Adorno a montré que les personnes  psycho-rigides avaient en horreur les objets du monde et les humains "indéterminés"; ces personnes font le lit des régimes autoritaires.

Qu on prenne la peine de voir autour de soi ...et en soi!

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18 août 2019

Comment va la France?

C'est la question que j ai posée à mon frère à mon retour de mon éprouvante retraite qui m'a donné une nouvelle identité (mais tous comptes faits je préfère ce type de séjour à un ce tourisme invasif, destructeur, superficiel, irrespectueux de l'autre dont j'ai parlé hier). Il m'a répondu par certains chiffres qui ne trompent pas; on supprime à tout va les demandeurs d'emploi sous des prétextes variés et du coup les statistiques se "dégonflent". Commode!

Hier me rendant chez un membre de la loge, d'origine sri lankaise et marié à une juive ashkénaze, réalisateur d un film-charge contre les moeurs machistes du milieu du bâtiment et ce qu il appelle "le milieu de la nuit", la "jungle du cinéma", j ai pu mesurer l état de ce pays par les yeux de ce quadra, d un philippin évadé des geôles saoudiennnes, et d un français dans mes âges, habitant Nanterre.

Voici ce qu'il en ressort: le racisme de la société française, la morgue des puissants, une vision très péjorative de la jeunesse, "décrébrée" et adonnée au culte du fric, et surtout l extraordinaire montée de la violence, ordinaire, quotidienne, diffuse et d'autant plus génératrice de paranoïa.

Et chacun de raconter sa petite histoire; le philippin, pourtant diplômé d'économie se voit réduit à piloter un vtc et a observé plusieurs fois la différence de traitement de la part de la police selon qu'il s agit de lui, à la peau basanée et les yeux légèrement bridés ou d un européen. Le sri-lankais ne trouve pas de travail fixe et a du apprendre rapidement le langage cobol et nous a raconté une scène incroyable: sous ses fenêtres en plein jour des jeunes probablement maghrébins essayaient de lui voler son scooter (il est intervenu à temps).

Une violente diatribe anti-musulmane s en est suivie de la part du philippin (dans son pays catholique, 1% de la population est musulmane); il a pu se sauver des geôles saoudiennes où il était prisonneier et a marqué la double morale des habitants du Golfe; le français habitant la ville de Nanterre a évoqué des quartiers sensibles et d'autres calmes...

Le sri-lankais a précisé qu à Viroflay où il réside c est tranquille sauf incidents comme celui rapporté; il a tenu un discours plus nuancé à l égard des musulmans (il a de fait rencontré un maghrébin très antisémite) qui est le mien; j ai connu des maghrébins férocement antisémites et d'autres pacifiques; la politique israélienne actuelle ne facilite pas les choses; mais j ai conscience que le sujet reste explosif, je n irai pas plus loin.

La France ne va pas bien et cela saute aux yeux: il n'est pratiquement plus possible de prendre les transports en commun sans tomber sur un "marginal" quémandant.
Dernier exemple: l étudiant suédois récemment arrivé ici s est déjà fait voler un de ses deux vélos etc etc.

Mais je ne me fais pas trop d illusions, Paris n est pas épargné avec la montée des cambriolages et l impunité des malfaiteurs, la police étant débordée (trouvez-vous normal que dans la capitale de la France on ne croise plus un seul policier? Il paraît que mainteant il vaut mieux faire appel aux pompiers, eux-mêmes en surcharge de travail).

J'aurai sur tous ces sujets difficiles un regard plus nuancé: j ai eu plsuieurs fois affaire à la police et j'y ai rencontré des gens humains et des gens plus durs cela étant, alors enseignant les élèves "colorés" se plaignaient de mauvais traitements. Quant aux maghrébins, j'en ai déjà parlé supra; les jeunes à mon avis ne sont pas tous des incultes, cupides et égocentriques; entre nous quel spectacle leur donnent parents et hélas même enseignants (il n est plus rare de constater que l orthographe devient "approximative" chez nombre de "collègues" jeunes).

Mais la France est un pays moyen dans un monde ravagé par la guerre économique entre des puissances nationalistes et égocentrées et "régulé" par la Banque Mondiale sans parler des diktats de Bruxelles.


Mais allez souriez, on va vous faire un selfie!

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17 août 2019

Le tourisme de masse, un fléau parmi d autres

Alors que petit à petit on s'achemine vers la fin des vacances (au fait quelles vacances et pour qui?) je m interroge sur la crise du tourisme parmi les multiples crises du reste liées qui secouent ce sinistre 21ème siècle. 
Tout le monde a déjà vu ces gigantesques paquebots qui emmènent des milliers de personnes vers tel ou tel endroit avec le cortège de pollutions dans leur sillage; mais plus encore le tourisme de masse déstabilise, détruit l environnement, favorise certains lieux aux dépens d autres, pervertit la population locale de manière ou  d une autre (économie du sexe) etc

Le fléau ne date pas d hier; il me souvient d un voyage en Crète; des hordes de visiteurs parcouraient les rues de la capitale au point de cacher la vue, de gêner, de souiller les rues de détritus. J'ai alors eu un choc de conscience; non, ce n était plus possible de continuer comme çà...

Depuis le mal s est aggravé: BnB anarchique, accumulation en certains points aux dépens d autres oubliés, augmentation artificielle des prix, profit pour quelques-uns etc

L exemple d Angkor est typique: lieu magique encore mystérieux il y a peu; les tour opertaors se sont emparés de ce lieu mythique le transformant en Barnum innommable.

Pas loin des endroits cachés mais qu il faut découvrir.

Le tourisme est un autre nom du saccage systématique de notre planète avec toujours les mêmes maîtres mots: profit, dérégularisation, régne du marketing et de l évaluation, afflux dément sur certaines zones; ainsi la France se dépeuple dans le sud-est au profit de l ouest; la Bretagne  est submergée par les résidences secondaires, le tout à grande vitesse.

Nous sommes conditionnés et asservis parfois insidieusement: tous les secteurs de nos vies sont maintenant livrés aux appétits des puissances d argent.

Et la planète de continuer à souffrir!

Les réaction de rejet se multiplient m a-t-on dit en Bretagne; je comprends un peu. 

Il n y a plus de tourisme heureux pour paraphraser Brassens.

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16 août 2019

La tristesse de la vie

La doctrine bouddhiste nous invite à traverser la souffrance; la condition humaine nous confronte constamment à cette souffrance, celle des autres, hommes et animaux et la nôtre, multiforme, physique, morale, métaphysique, motivée ou sans raison apparente...

Hier, jour de Marie, j avais rendez-vous avec mon frère pour rendre visite à ma mère que je n'avais pas vue depuis plusieurs jours et ce, après "l'événement" de ma prise de refuge dans le Bouddha, le Dharma et le Sangha. Je rappelle que nous sommes tous des Bouddhas potentiellement, que le Dharma est l ensemble impressionnnant des écrits des maîtres continuateurs de l auteur des sermons de Bénarès et le Sangha la communauté de ceux qui suivent la Voie.

Je rappelle aussi que le Prince Gautama a du vaincre les armées de Mara dans un combat effrayant et ultime avant son éveil et son nirvana, Mara étant le dieu de la Mort soit le Mal absolu.

 

Nous devions nous retrouver, mon frère et moi, à la brasserie habituelle mais, cette fois pas de menu, jour férié oblige. aussi nous sommes-nous rabattus sur une pizza, à contrecoeur pour ma part.

J'attendais mon frère pour une fois à l'écart de son champ de vision; je me sentais triste (météo, avec une grisaille un peu inattendue, fatigues endurées pendant ma retraite jurassienne, perspective de retourner à Bagneux, je ne savais trop).

Je ne savais trop; depuis longtemps, je n avais vécu une telle vague de tristesse.

Cette fois je préférai laisser parler mon frère; il m avait apporté un livre du Dalaï Lama "la voie vers l'éveil" préfacé par Matthieu Ricard qu on a désigné comme l homme le plus heureux du monde. Mon frère m entretint d un octogénaire ami dont la vie fut bouleversée par une simple rencontre avec un Maître indien, Sri Ramana Maharshi. Il faut savoir que la vision a un rôle central dans la tradition de l Inde. Les rishis sont les équivalents des prophètes de la bible; ils "voient" les textes sacrés; le darshan est le fait pour un fidèle de voir une idole ou un Maître, la vision du divin (il est intéressant de noter que dans la culture juive, l ouïe joue un rôle central; Moïse a entendu la voix de Dieu, le Chema Israel étant l incipit du verset 6,4 du Deutéronome; ce passage fait partie du long sermon prodigué par Moïse peu avant sa mort à son peuple; il constitue le fondement du message hébraïque: Dieu est Un).

Mais revenons au monde indien. L'ami de mon frère a donc vu le Maître un instant qui lui a jeté un regard; on appelle cette vision bouleversante le darshan. Il a senti un profond et durable saisissement. Sa vie a changé de cours; de bohême qu'il était, il se stabilisa; mieux encore, il se mit à méditer intensément; enfin il se mit à peindre et retrouva la sérénité; mon frère justement m a donné un échantillon de sa peinture sous forme de couverture en papier fort de l ouvrage du Dalaï Lama. J ai trouvé ces taches de noir sur fond blanc très belles, quelque part entre Soulages (le fameux noir de Soulages) et la calligraphie japonaise.

Visiblement la simple présence d'un homme réalisé avait opéré (il paraît selon Midal que la rencontre avec le Dalaï Lama produit un choc puissant aussi).

Et mon frère parlait, parlait et je me taisais, laissant résonner ses paroles; je sentis alors une vibration de mon smartphone et - ô surprise - un sms de Mathieu très gentil qui me promettait de revenir bientôt. Cela me fit du bien; ma tristesse s apaisa un peu.
Bus 188 direction du "clos des meuniers", l epahd.

Mais nous retrouvâmes non sans mal notre mère; cette fois avec sa jambe plâtrée, un air d'apathie qui me frappa déjà la dernière fois; quelques mots difficiles à comprendre, une esquisse de sourire, le regard encore assez vif.
Mais les soignants nous apprîment que notre mère ne voulait plus se nourrir; le sympathique infirmier malgache confirma hélas; de plus notre pauvre maman criait la nuit (comme moi, son fils lors  d'un voyage éprouvant en Inde). Le soignant fut incapable de mesurer le temps qui reste mais son discours mesuré, instruit, ouvert ne trompe pas...

Et des dames bienveillantes visiteuses de confirmer la gravité du signe et de l embrasser sur le front. Que pouvions-nous faire d autre que la caresser?
Pour le moment, on sert à ma mère un liquide nutritif.
Mince consolation: maman est à présent la doyenne de ces femmes (et hommes) très âgées.

On devine l état à mon retour dans ma solitude parisienne.

J ai très mal dormi et j ai du mal à retenir mes larmes.

Mon frère doit partir quelques jours et "heureusement" une séance supplémentaire de psychothérapie est programmée cet après-midi avant le départ de la thérapeute.

Je ne puis m'empêcher de faire les rapprochements: mon entrée sur la Voie, la même année, peu après les 100 ans de ma mère, le retour de Mathieu.

Ma tristesse enfin, sentiment rare chez moi; peut-être ce sentiment sonnait-il comme un signe?

Le destin comme la vie ne sont pas à nous.

Posté par jeanlouisgil75 à 08:32 - Commentaires [2] - Permalien [#]

15 août 2019

Le travail aujourd'hui ou l ubérisation généralisée

Intéressante émission saisie au vol ce matin sur la "révolte" des livreurs de repas à domicile.

Intéressante et attristante car elle nous donne un aperçu impressionnant de ce qu est le monde du travail; je rappelle que déjà sous Hollande, le Code du Travail avait été explosé ce qui revient à dire que à la place des lois de protection des plus faibles (conventions collectives...) on allait mettre en place des contrats d employeur à travailleurs, entreprise par entreprise (avec à la clé la mort programmée du syndicalisme)

La révolte des livreurs vient à point nommé pour nous mettre le nez dans la réalité sordide.

D'un côté les défenseurs du "progrès" se gargarisent avec les mots sonores et creux de "algorithmes", "économie numérique", "création d emplois" etc; de l'autre côté un avocat courageux soulignait que l économie dite "de plateforme" sous-payait des jeunes pour la plupart contraints d accepter cette activité avec les risques de la rapidité de leur course (plus rentable pour eux) et l absence de toute protection.

Soyons clairs; si certaines personnes sont "satisfaites" d être livrées à domicile ou chez elles (on peut se ddemander si ce n est pas l organisation actuelle du travail n est pas en cause avec la prime à la rapidité et à la performance) il n en demeure pas moins que cette nouvelle économie (le mot "nouveau" joue le rôle de véritable talisman) multiplie les "emplois précaires";

Soyons clairs: en transposant on peut tout aussi bien défendre la prostitution de nombreux jeunes aujourd'hui ou le deal de drogues dures sous le prétexte que au moins ils "gagnent" leur vie.

Ils ont un job après tout, c est mieux que de tenir les murs comme on dit en Algérie et de plus ils comblent les désirs de consommateurs, point trop regardants sur leurs conditions de travail.

Morale de l affaire: il n y en a pas sauf au sens d enseignement.

Plutôt que d augmenter le nombre d enseignante et d améliorer la formation de ces jeunes on les laisse dériver.

Plus grave encore sous les oripeaux de la modernité ( c est bien parce que c est techno) en fait une fois encore on laisse croître et embellir les classes dominantes déjà favorisées, on laisse sur le bord de la route des jeunes souvent déjà défavorisés, on nourrit le darwinisme social, soit l individualisme égoïste dont notre société je le crains va crever...

Posté par jeanlouisgil75 à 07:51 - Commentaires [0] - Permalien [#]

14 août 2019

L'affaire Epstein

L'argent, le sexe, le pouvoir, les grandes passions humaines viennent de connaître une illustration, ô combien dramatique, avec cette affaire Epstein.

Qui n est pas sans rappeler une autre affaire célèbrissime qui a défrayé la chronique et choqué une grande partie de l'opinion en France il y a quelques années.

L'argent rend fou, le pouvoir rend fou, le sexe rend fou.

Point n'est besoin de faire des études poussées pour le dire...Freud après tant d'autres a montré de manière implacable le pouvoir du sexe chez les êtres humains, au contraire de Jung qui, en digne fils de pasteur, a dilué la pulsion sexuelle dans une sorte d énergie première qui impulse nos conduites.

A propos de de Monsieur Epstein, une des fortunes les plus impressionnantes des usa, je reste partagé entre un sentiment de pitié (cet homme s est suicidé; on peut imaginer les formidables pressions subies dans sa prison-modèle de Manhattan) et un sentiment de "dégoût".

Je ne voudrais pas jouer les Pères la pudeur; nous sommes des animaux supérieurs, dit-on mais des animaux; le sexe c est ce qui permet le renouvellement des générations (Croissez et multipliez dit la Bible), mais pas que, surtout en une époque désaxée; le même Freud qu on a stupidement désigné comme un "pansexualiste" alors qu en bon médecin il ne faisait qu observer a dit s être arrêté de faire l'amour avec sa femme dès 40 ans pour se conscrer à ses travaux de titan; il a inventé à lui seul tout une discipline, la psychanalyse, avec des journées de dix heures, entre consultations, rédaction d ouvrages, conférences, réunions...

Il est, Freud, l illustration vivante de ce que l énergie sexuelle (et pour le coup Jung a vu juste) peut faire et nous faire faire, une fois transmuée en créativité...
Mais revenons à l'affaire Epstein: je pense que des milliers d hommes se livrent à ce genre d activité sans en être inquiétés, parce que plus discrets, moins connus, moins médiatisés; de plus, il convient de contextualiser: la sensibilité a changé et les mouvements féministes jouent une partie de plus en plus impactante (j ai déjà dit ici qu il faut prendre garde pour autant à ne pas tomber dans l excès inverse, la pudibonderie néo-victorienne; un homme n est pas un sexe sur pattes nécessairement et une femme un ange éthéré...)

Aujourd'hui aussi la médiatisation fait ses choux gras de ce genre d affaires croustillante: "ah! ma bonne dame ces gens de la haute? c est bien fait pour eux; non mais..."

Mais tout en reconnaissant la pérennité de ces comportements (orgies organisées: cf les ballets bleus et les ballets roses de la 4ème République et plus en amont la sexualité chez les Grecs (avec une valorisation de la pédérastie) les empereurs romains et leurs maîtresses et un certain nombre de Papes, eh oui, se livrant aux actes les plus peccamineux) je crois qu il ne faut pas oublier un facteur, la précocité actuelle des jeunes.

Je rappelle qu un jeune chef scout catholique me disait qu'à dix ans "ils" savent déjà tout.

Je regrette de le dire et fortement: les textes de loi sont en retard sur la rapide évolution des moeurs. A-t-on aussi fait la part de la cupidité humaine; enfin quoi, un magnat, çà a beaucoup d'argent et çà peut être rentable de le tondre, non? 
Je pense que cette société va très mal; toutes ces affaires de sexe témoignent de notre misère fondamentale: misère sexuelle, misère du coeur, misère de notre impuissance.

A un plan plus général, cette triste affaire met en lumière, loin de tout moralisme, la perte des repères qui nous étreint et l insécurité permanente que nous vivons.

Le sexe offre à nos fragilités un refuge...contre notre sentiment d'impuissance, contre notre sentiment d insécurité, contre notre isolement, contre la faillite de toute transcendance.

Je rappelle que le Bouddhisme a fait de la cupidité l un des voiles les plus épais qui nous cachent notre réalité et celle du monde.
Avant de connaître l Eveil, le Prince Gutama a du livrer une lutte féroce contre les Forces du Mal, les armées de Mara.

Comme les ermites chrétiens de l Antiquité tardive en Egypte tentés par le démon.

Actualite et permanence de la pulsion qui nous rappelle que l être humain s il a progressé dans l ordre du savoir est demeuré un animal contraint par le biologique ou mieux le biochimique (testostérons et autres), biologique il est vrai fortement culturalisé: l Homme doit semble-t-il constamment se prouver à lui-même qu il reste un mâle et qu il vit...

Une fois de plus Pascal a situé très justementl Homme, à la palce qui et et reste encore la sienne, quelque part entre l Ange et le Bête. 

Posté par jeanlouisgil75 à 08:25 - Commentaires [2] - Permalien [#]