Choses vues entendues sues

15 août 2018

La catastrophe de Gênes

Gardons-nous en France de nous croire à l'abri du type de catastrophe qui a impacté la grande ville portuaire de Gênes. A titre personnel, il est vrai que je suis de parti-pris pour tout ce qui concerne l'Italie, raisons biographiques en cause; cependant, cet évènement terrible et spectaculaire témoigne des changements rapides qui affectent le monde; en cette occasion -une fois n'est pas coutume, je rends hommage au travail d'explication très clair sur la chaîne BFM, avec l intervention de spécialistes compétents.
A mon humble avis je ne crois pas que les architectes italiens soient en cause; natif de Tunis qui avait une forte communauté italienne, je peux témoigner de la qualité des architectes de la péninsule et au delà, du professionnalisme traditionnel de ses artisans.

Ce qui s est passé à Gênes illustre de manière dramatique, avec d autres catastrophes, à travers le monde, des bouleversements climatiques, économiques et démographiques actuels. Comment dans les années 50-60, les ingénieurs pouvaient-ils prévoir (je ne crois pas trop aux spécialistes de la prospective, a fortiori actuellement!) ces mutations?

La météo n est plus la même; c est banal de le dire; la circulation automobile a fortement changé avec l'augmentation des transports de poids lourds, et ce qui va avec, la mégapolisation s accélère. On vit de plus en plus hélas dans des villes monstrueuses; je suis bien placé pour le savoir.
L Italie a été certes un pays urbanisé très tôt en Europe mais on est aujourd'hui face à des villes géantes, loin de la taille à échelle humaine de la Toscane de la Renaissance!

Je pense de plus en plus que bon nombre de problèmes (désastres écologiques, phénomènes migratoires incontrôlés, maladies émergentes) découlent directement de l augmentation vertigineuse de la population mondiale; j'ai déjà parlé du site hallucinant montrant en temps réel l augmentation fraction de seconde par fraction de seconde de la population mondiale; stop, on étouffe (site world meter sauf erreur).

Il fut une époque où il était mal vu de se dire malthusien ("il n est de richesse que d hommes- Jean Bodin) mais aujourd'hui il y va de l avenir même de l humanité).
Le phénomène dit de "transition démographique" n atteint qu en partie la planète.

Il est plus que temps de réagir; je rappelle l expérience portant certes sur des rats mais ces animaux sont on le sait très proches de nous par bien des aspects; serrés les uns contre les autres et donc stressés leur morbidité et leur mortalité explosaient.

A méditer...

 

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14 août 2018

La folie ordinaire

Hier séance de psy, exceptionnellement avancée suite à livraison (je m'occupe comme je peux en ce "terrible" mois d août à Paris (pour moi!); j aménage un peu ma demeure et il est vrai que çà me fait du bien, cet ordre, cette clarté, ce semblant de beauté.

La séance fut consacrée à deux grands thèmes: l interminable contentieux avec la voisine nauséabonde ( ja i déjà parlé précédemment du renouveau récent hélas de la pestilence et de ma réaction de fureur). La psy a rapidement compris qu il s agissait d une personne vraiment malade; du coup, j ai réalisé que ma colère bien que parfaitement compréhensible vu le contexte très difficile qui est le mien (sans tomber dans la parano: pourquoi moi qui ai tant et tant besoin de présence n ait pour seule voisin de palier une voisine invisible; est ce que tout cela a un sens disons "providentiel") était sans objet car cette femme est une malade mentale. comment s emporter contre une malade? La psy m a encouragé à entreprendre des démarches auprès du syndic ( c est en cours) à faire appel de nouveau aux services spécialisés de la Ville. Ce que j avais déjà fait dans une précédente séquence sans aller jusqu à l intervention d un huissier; cette fois, j irai jusqu au bout. Je n en peux plus. De plus il m'a été conseillé de faire intervenir une assistante sociale (en vue par exmple d une hospitalisation sur demande d un tiers).

Second thème: l indifférence de mon frère; la thérapeute m  m'a recommnadé plutôt que de revenir à charge (il n entend pas ma plainte) de poser des questions: comment tu passes tes journées? que devient ta fille? ta "femme"?)

La folie ordinaire: cette femme "sauvage", à mon avis on est dans la psychose ( l encombrement des ordures sans rien éprouver!), mon frère, sans empathie pour un frère en difficulté, le jeune Mathieu, fou de cinéma, qui a du mal à établir des relations (mais lui le sait).

Et vous, me dira-t-on?

Bien entendu j espère seulment être moins atteint simplement, mais tout humain est un malade qui s ignore ou se sait atteint.

La fragilité de l Homme est aussi une sa possibilité d avancer.

Etre sans défaut est pour le coup pathologique; quel ennui que la "perfection"!

Les psys ont parlé à ce sujet de "normopathie" (çà donne les employés de bureau modèles.

Ils sont sur des rails eux, de leur naissance à leur mort.

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13 août 2018

Les trous noirs et la noirceur du monde

Visionné un long documentaire (trop long à mon goût) sur les fameux trous noirs qui peupleraient l Univers et seraient au centre de toutes les galaxies. Einstein paraît-il avait prévu ces monstres de l espace mais ne voulait pas y croire. Je rappelle, d'après ce que j ai compris que ces portions d espace se comporteraient comme des aspirateurs gigantesques d où rien ne sort et où tout ce qui a le malheur d entrer serait pulvérisé. Du reste on ignore ce qui se passe vraiment à l intérieur de ces monstres pourtant à l origine des corps célestes! Curieux cette image que nous avons aujourd'hui de ce Cosmos qui ressemble beaucoup plus à un Chaos terrifiant, bouillonnant et destructeur qu à la vieille image des Grecs avec cet ordre des planètes poursuivant un ballet tranquille et mesuré ("musique des sphères").

A mon humble avis, il me paraît que nous trouvons ce que nous voulons trouver avec bien des guillemets; je crois que le Réel qui est le nôtre est si complexe que nos investigations de ce Réel (le petit comme le grand) finissent par repérer ce que nous nous attendons à trouver. Simple idée qui vaut ce qu'elle vaut; je ne peux m empêcher de retrouver au ciel la folie de la terre. J interprète à ma manière le célèbre adage d Hermès Trismégiste: "ce qui est en haut est en bas".

Le hasard a fait que j ai visionné par la suite un film d horreur, si horrifique qu il a été interdit aux moins de...12 ans. Il s'agit de "la malédiction": un petit enfant, fils adoptif, de l ambassadeur des Etats-Unis s avère être l incarnation de l Antéchrist, dont nous parle l Apocalypse de Jean.

Thriller réussi puisque la peur sans visage est bien au rendez-vous avec le minimum d effets spéciaux. Très belles images de Rome et de Londres avec un Gregory Peck époustouflant. Pas évident ce rôle où l acteur doit rester crédible, réaliste mais peu à peu céder aux injonctions d un prêtre catholique aux airs d illuminé qui lui conseille avec force de...tuer son enfant qui n en est pas un en réalité puisqu il incarne cet Antéchrist qu évoquent aussi bien le christianisme que le judaïsme.

Pour la petite histoire (Wikipédia) le tournage de ce film d anthologie a été marqué par de graves incidents; de plus, plsuieurs acteurs pressentis ont décliné l offre, on les comprend; Gregory Peck n en a que plus de mérite.

Un fil parcourt ce blog: la figure du Mal, de nouveau: folie de ce temps, guerre des étoiles titanesque, incarnation par un petit enfant, symbole d innocence, (prestation remarquable du très jeune acteur) de l Antéchrist.

Je me rappelle ces représentations de la déesse Kali à Calcutta: elle est effrayante, la déesse avec son collier de crânes et sa danse échevelée. Chaque jour une chèvre lui est sacrifiée pour calmer son divin courroux...

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12 août 2018

Retour sur la colère, la force de l'habitude et le Moi

Je reviens sur l'explosion de colère dont j ai (si çà trouve) encore plus souffert que l'objet de cette colère, à savoir cette femme "absente".

J'y reviens parce que une telle expression par son aspect tenu pour excessif sous ces latitudes (le français, le parisien, du moins à mon avis, moi qui viens d'ailleurs se comporte plus sobrement et souvent musèle ses émotions) interroge, moi en premier.

Je prends peu à peu la mesure de cette démesure et je ne plaiderais pas coupable (au fond qu'ai-je fait de mal? je n ai agressé personne, je n ai pas porté atteinte aux biens d autrui mais exprimé un ras-le-bol bien compréhensible).

Une telle manifestation comme disent les freudiens est surdéterminée, comme tous les actes et les pensées: je crois que, à travers cette explosion on pouvait entendre une sorte de découragement de ma part (j'ai TOUT essayé, en vain) et le désir de faire bouger le zombie qui est sur mon palier (en vain encore): faire peur, faire prendre conscience du tort, voire susciter un peu d empathie (mais ce type de personnage est-il susceptible de l avoir, cette empathie?)...

Cela dit, ma colère (je précise que ce genre d accès reste rare chez moi même si depuis longtemps j ai coutume de me qualifier de "volcan recouvert de neige") a été alimentée par d autres sources ce qui n enlève rien et à sa légitimité et à son "utilité" psychobiologique; il n est pas bon d étouffer cette énergie qui finirait par se retourner contre soi; je souffre déjà suffisamment de ma vie et de cette période de ma vie...Ces sources. Justement c'est ce sentiment d impuissance à laquelle je suis réduit face à la "méchanceté" (comment dire autrement?) de mon frère qui n entend pas ma plainte réitérée de me sentir abnadonné alors que le temps passe avec les surprises de mon corps (on ura compris que au contraire de celles d un corps d enfant qui grandit elles signent le désastre de l involution). Lui, mon frère, la dernière fois, m a envoyé "dans les cordes" en disant en gros: je en vais pas assumer ton incapacité à vivre seul (lui peut d abord parce qu il a été marié et a eu un enfant et a quitét très tôt la famille pour vivre seul (pour "rencontrer" des filles je suppose). Et vlan! cet homme n entend pas ma plainte, c est clair; alors qu un rien suffirait à m apaiser; un petit sms du genre "çà va" et c est tout....ce petit quelque chose change les choses, simplement...

Cette colère se nourit de toutes les frustrations de me vie aussi; toujours chez moi, ce vif sentiment d indifférence (je vivais dans une "petite ville", Tunis et on connaissait tout le monde dans mon immeuble et dans celui de mes grands-parents. Ici on est (comme la "voisine" sourde et muette) un zombie parmi les zombies. Cette colère cible de manière plus globale cette ville glacée (et revient à la surface ce non-accueil réservé aux pieds-noirs (c est donc une vieille affaire que le rejet des autres) bien entendu perçus comme des nantis, des colons, des voleurs etc. On oublie que ces pauvres gens étaient d abord des jouets de l Histoire( qu on se mette un instant à leur place: croyez-vous qu il soit simple de quitter brutalement son pays, avec sa douceur de vivre ses habitudes, ses amis pour un pays à peine tolérant.
Point d Histoire justement: sait-on que les pieds-noirs européens étaient en Afrique du nord depuis le 19me siècle pour beaucoup; quant aux Juifs, leur occupation du sol tunisien remonte souvent à la haute Antiquité  avant les invasions musulmanes. D un trait de plume des siècles sont effacés; à ce propos je recommande l excellent ouvrage de l historien Bensoussan sur la fin des Juifs en terre d Islam après des siècles de coexistence...De cela on parle moins; çà mérite le détour...

Et surtout à la fin des fins, qu y puis-je si je suis ce que je suis. Je n ai pas demandé à naître avec tout ce qui va avec...

Il y avait tout çà dans ma "sainte colère"; je pense à Job sur son fumier qui hurle à la face de Dieu. Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi moi Seigneur?

Je reviens à l'autre partie du titre force de l habitude qui désigne la difficulté de changer: je ne suis pas le Christ qui tend l autre joue (heureusement il y a d autres épisodes où le Nazaréen montre sa force de caractère) et j'ai déjà dit la nécessité de la colère. Midal, lui-même , avec sa très riche expérience humaine et sa culture gigantesque, avait reconnu un jour que oui il était capable de dire non, de se mettre en colère. La Vie, c est aussi cela; exprimer ce qu on est au nom même de  la simple légitimité égale à celle des autres de défendre ses droits. 

J en arrive au Moi; mon ami québecois, modèle de sagesse aboutie, pour qui le Bien n est pas qu un concept, a noté sur son très élégant site une citation qui disait que celui qui est attaqué n a pas à réagir puisque l agresseur n a personne à agresser; façon de parler pour dire l "assouplissement de ce Moi" que pourfend la doctrine bouddhiste entre autres...

Certes, je ne reviendrai pas sur ce qui précède; je rappelle que j avais terminé mon blog d hier sur la question: "qu aurait fait le Bouddha à ma place?"

La réponse a été soufflée de manière générale par Midal (cf supra) qui médite depuis ses vingt ans!

Ce pénible épisode de la vie quotidienne (la vie quotidienne, c est d abord çà la Vie!) aura au moins témoigné pour ma sensibilité à ce que j'ai ressenti comme une sorte de violence contre ma tranquillité et comme une intrusion dans mon chez-moi (sans compter le fait bien réel des conséquences sur le plan de l hygiène de ces émanations et cela dépasse ma personne).

Plus positivement cette expérience  m'aura montré que rien n est sûr, rien n'est acquis dans cette vie. Je pense à une certaine exaltation ressentie lors du stage de méditation et après (mais ne pas oublier le fonctionnement cyclique et de l organisme et du psychisme!). Savoir si possible raison garder...C est moins "passionnant" mais moins coûteux...

Visionné un documentaire Arte (excellente chaîne; heureusement j ai cette possibilité en août): un homme se voue à rechercher les personnes disparues à la frontière sud des usa. Mexicains, Honduriens, surtout dont les mères ont perdu la trace, une fois ces personnes parties "pour un monde meilleur"; quête difficile dans des zones ravagées par les cartels de la drogue.

J avais moi aussi les larmes aux yeux lorsque cet homme de bien parvenait à mettre la main sur une jeune femme devenue prostituée ou un jeune homme, un peu honteux mais très ému, revenant chez sa mère avec un bouquet de fleurs en lui demandant pardon pour n avoir pas réussi. (?)

Cela pour dire combien le monde a changé (je rappelle que lorsque j ai visité le Mexique "il y a très longtemps" je n ai rien vu de tel ni à Mexico ni à Mérida ni Cancun ni à Oaxaca. Je sais bien; il s agit de zones touristiques mais que je sache maintenant ce pays se débat dans des diffucltés énormes et sa jeunesse souvent très diplômée fuit.

Nous connaissons ce formidable problème en Europe.

Je continuerai la méditation sachant que dans une époque des plus incertaines et des plus anxiogènes et des plus individualistes, je n ai guère de possibilités autres.

"Sois à toi-même ton propre refuge, sois à toi-même ta propre lumière."

Rien à retrancher ni à ajouter...

 

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11 août 2018

Propos sur la colère

Journée tout particulièrement éprouvante hier car semée d embûches multiples avec le point d'orgue: les odeurs de pourriture s'échappant du seul autre appartement de mon palier; quand tout semble se liguer contre vous qui êtes déjà dans une situation peu agréable (vacances à Paris en août, le top du top; tout le monde part; quant à moi j ai simplement pris de petites vacances en Normandie), méditation ou pas, un seuil de tolérance est franchi.

Une fois de plus alors que la situation semblait enfin s être "améliorée", voilà qu hier matin je constate un pic de pestilence comme "au bon vieux temps". Non c est trop pour moi; non seulement j ai fait TOUT ce qu il est possible pour ménager cette femme (pour la petite histoire, il faut savoir que je l ai croisée UNE fois en plus de quatre ans ("cela" se désigne dans cette ville merveilleuse comme "voisin") mais je n'ai jamais fait appel à un huissier pour entrer de force dans l appartement de cette dame (un zombie?) alors que la loi m y autorise; j ai "laissé couler" et de plus j ai du envoyer cinq à six plis rédigés en termes conciliants en mettant en avant la possibilité d étudier ensemble les solutions possibles. Aucune réponse.

Hier n en pouvant plus de "rage impuissante" je me suis déchaîné, en frappant à coups redoublés sur la porte d en face et en hurlant, mettant le maximum d epuissance dans ma voix ce n est pas en vain que j ai pris des cours de chant et participé comme ténor à nombre de concerts. Le vieux sait encore crier.

Bien entendu (autre "spécialité" parisienne) personne ne bouge dans ces cas; je pense aux voisins; on vous ignore, bien à l abri.

Bref, j ai frappé avec une telle violence avec le bord extrene des deux mains que après un heure environ, une vive douleur s est fait ressentir avec montée d el angoisse, de la colère sourde, et sentiment de malaise imminent plus début d oedème (eh oui ce que je pouvais "faire" à cinquante ans n est plus possible!

Prise d anti-douleur peu efficace dans un premier temps et léger au massage avec pommade. Il faut préciser que auparavant j avais transbahuté des livres par dizaines et pousser un bibus vers la chambre à coucher et ranger le tout (il faut bien que je m occupe; j aménage ma maison).

Ce matin les choses (la main gauche lésée) ont l air de s arranger mais pas question que j aille au lavomatic: çà attendra.

Revenons à cette "puissante" colère et à ses déterminants (ma thérapeute m a conseillé une fois de réagir avec calme et détermination; c est d autant plus efficace mais elle comrend que certaines situations puissent générer ce vilain sentiment de colère)

Cette colère (dans ce cas de figure la psychanalyse dont je parlais reste utile) résulte de ce sentiment d impuissance, d inutilité de toutes les démarches déjà effectuées, de rage contre mon destin (me revenaient en mémoire les propos de mon frère qui il y a peu alors que je me plaignais à lui de son indifférence en pleine canicule et bien que les autorités conseillaient de prendre des nouvelles me répond: je n y peux rien si tu es incapable de gérer tes problèmes. No comment; heureusement 5 à 6 "étrangers" ont échangé par sms avec moi).

La colère résulte d une immense frustration, d un sentiment d injustice (pourquoi eux ont des enfants, une comapgne, un compagnon, une famille? pourquoi suis je dans une ville à l indifférence minérale, on en a la preuve) pourquoi mon exil? pourquoi mes origines tolérées? pourquoi mon problème avec les femmes? pourquoi cette mère qui a brisé ma personnalité et l'a remplacée en partie par la sienne? pourquoi la "méchanceté" de ce frère qui m était si proche étant enfants?); bien sûr à tête reposée, je sens bien que cette colère toute légitime fût-elle témoigne au moins d un manque de maîtrise mais mettez-vous à ma place: pourquoi ces chose m arrivent elles à moi? Je rappelle que j ai déménagé dans des conditions plus qu éprouvantes pour fuir un voisinage délétère. Et voilà: le seul voisin de palier que je "trouve" dès mon arrivée est un fantôme femelle qui pratique l évitement et vous fait le royal cadeau de ses effluves en signe de "présence"; avouez que j aurais pu trouver mieux! Et je n ai pas la vocation du martyr; j ai déjà (beaucoup) donné.

J'ai téléphoné au nouveau syndic qui va envoyer une lettre recommandée (mais on a affaire à quelqu un qui laisse son courrier dans la boite!); j ai accpeté comme solution d attente; si rien ne change comme c est trés probable, je refais appel à un fonctionnaire de la Préfecture qui a pouvoir de faire pénétrer un huissier par effraction.

Mais voyez-vous ce problème, m a-t-on dit est récurrent, cette personne et ses signaux de m. est là depuis la construction de l ensemble d immeubles où je suis.

Qu aurait fait le Bouddha à ma place? j en parlais hier...

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10 août 2018

Guérir?

Thème difficile et -ô combien!- complexe- que celui d'ajourd'hui; l'idée m en a été donnée par une série d'émissions intéressantes sur la célèbre "Muse" des génies, Lou Andreas-Salomé. Par associations d'idées, j'ai pensé au thème "la psychanalyse aujourd'hui" et de proche en proche au thème de la guérison.
J'ai pour moi la très longue expérience (quelque six ou sept thérapeutes, deux grandes écoles, l école freudienne, avec une petite variante lacanienne, et l'école jungienne,  les formes "groupe" (deux thérapeutes et trois "tranches"), face à face et divan (oui, "le" célèbre divan des origines")...

Je précise que je poursuis avec une femme-médecin que je vois régulièrement, en gros une fois/semaine, pour un face à face de trois quarts d'heure; elle est dotée d une solide bon sens et, de plus, est très sûre au point de vue de la médecine générale et on sait que çà compte quand on avance en âge. Que dire? J ai coutume de dire qu elle assure la maintenance et autorise un ancrage dans le Réel sans compter que n'ayant pas de famille (cf les blogs précédents, j ai pour moi quelqu'un qui m'écoute, me comprend et me conseille. Enfin elle assure la médication (anxiolytiques et somnifères).

Actuellement, on le sait (du moins les gens qui ont l amabilité de me suivre), je pratique la méditation depuis quatre ans; çà a à voir avec la thérapie, le Bouddha se considérait ne l oublions pas comme un thérapeute (je pense qu il en est de même pour toute religion; sur ce plan , je serais moins rationaliste que le maître de Vienne; la religion aide beaucoup de gens à (s)'en sortir. Je ne prononcerai pas ici sur le problème de l existence ou la non-existence de Dieu; à mon avis toutefois, la position qui me paraît la plus solide philosophiquement est soit celle proche du pari pascalien (qu avons-nous à perdre à faire ce pari de l existence?) soit celle de l agnosticisme; de Dieu on ne saurait rien dire. Je trouve l athéisme pur et dur extrêmement arrogant. Notre entendement a ses limites: je ne sais pas (mais je pense qu il y a un sens dans tout cela: par exemple quel formidable énigme que notre intelligence soit en mesure de déchiffrer l Univers? par exemple l évolutionnisme donne une direction générale, un ordre ne serait-ce que dans le sens de la complexification et de la "cérébralisation" progressive de l espèce humaine.

L existence même de la vie pose problème; elle existe et uarait pu ne pas exister; la position athéiste est trop rigide; on a résolu le problème et on passe à autre chose; cette manière de pirouette me paraît trop expéditive..;

Mais revenons à ce thème de la guérison; ma longue expérience de patient (je m en serais bien passé, qu on se le dise) témoigne pour la difficulté de ma vie dès ma naissance et la multiplicité des problèmes existentiels graves qu elle m a posés, cette vie.

On sait que la psychanalyse classique est en perte de vitesse de nos jours justement parce que, en partie, nos contemporains, sont pressés; aujourd'hui on veut tout tout de suite comme les petits enfants. Le monde n a plus rien à voir avec la société viennoise de la Belle epoque. L image remplace le texte, les moeurs se sont "libérées" et en ce sens Freud a pu contribuer à cette libération; la psychanalyse est partout donc nulle part et son vocabulaire s est vulgarisé. Je pense que les intellectuels en général recourent encore à la psychanalyse qui peut leur faire du bien; quant aux autres...Il y a les médicaments qui souvent se substituent à la parole et au silence de la cure; mais il faut avouer que la prise de médicaments vous dessaisit de votre humanité qui est aussi histoire et récit de cette histoire, qui est écoute et échange, qui est art de la parole et de l interprétation assise sur l'expérience clinique.

La déshumanisation que je vois à l oeuvre avec la démentielle technologisation du monde ne peut que contribuer à la désaffection pour le travail difficile, long, semé d embûches mais souvent bienfaisant, d après les témoignages, de la psychanalyse classique; en l affaire l approche freudienne s assimilerait beaucoup plus à une forme d art. Devant une toile de Cézanne il nous faut pour la "comrendre" de la sensibilité, de la culture, de l expérience (dans un blog précédent j ai dit la fulgurante révélation qu a été pour moi le visionnage de l émission sur Doisneau. Magie de l Art, un art qui pour le coup ressemble à une psychothérapie réussie).

Pour ma part, les thérapies que j ai suivies m ont aidé incontestablement; de là à dire qu elles m ont guéri... Dernier point; il est de bon ton de détruire l apport freudien: fariboles, perte de temps, affabulation; je m inscris en faux contre ce procès en accusation; outre la qualité de certains thérapeutes, capables  d entendre et de comprendre la plainte, aptes à laisser apparaître la "vérité" d un être, l apapreil conceptuel de Freud force le respect; pour décoder les conduites je n ai rien trouver de mieux que la conceptualité freudienne. Comprendre, disait Spinoza et non juger; justement l outillage freudien me paraît toujours opérant en ce sens.

J en arrive au dernier "avatar" de ma longue quête, savoir la méditation.

Difficile de condenser: d abord, la pratique (comme toute pratique quand elle est suivie sérieuesment) développe en soi des qualités: courage, détermination, persévérance, qualités qui vont ensuite pouvoir  se déployer dans la vie. Par ailleurs, cette pratique produit des effets; lesquels? pas toujours aisé à dire. La posture méditative nous "contraint" à poser notre corps, ce grand absent des cures analytiques et à contempler le fonctionnement de notre esprit en direct ( jai observé des points communs avec la cure analytique: dans les deux cas notre esprit est en roue libre d où le surgissemnt d idées, d affects, de ressentis, autrement "étouffés" par le quotidien; on se met à l écoute de nous-mêmes).

De plus le bouddhisme insiste sur la bienveillance à l égard des autres, des animaux, de la nature et...de nous-mêmes; cet accent est en lui-même facteur de progrès.

J ai observé ces derniers temps des changements dans le sens de l acceptation de moi-même tel que je suis, avec mes limites; une participante à un groupe d études durant le stage nous disait que s acceptant mieux du coup elle avait libéré de l énergie pour faire des choses; ce qui vient de nouveau confirmer une intuition freudienne. Mon frère me disait que sa pratique lui avait donné de l énergie...
Autre chose: outre des idées inattendues, des noms qui traversaient mon esprit lors de mes pratiques, j ai vécu de "petits éveils" (l équivalent des in-sights des psychothérapeutes); prises de conscience inattendues, d autant plus impactantes...

Il y aurait encore bien des choses à dire; j'ai conscience du décousu de mes propos mais c est la "loi du genre blog"...

Revenons au thème qui sous-tend ce long, trop long blog.

La guérison; en termes médicaux même dans le domaine organique la notion n est pas si claire: on tombe malade on est soigné et guéri mais le corps de ce fait est changé ne serait-ce que parce qu il a développé des capacités nouvelles à réagir. Je crois pas au retour pur et simple au statu quo ante.

La guérison plus largement; si on creuse un peu et on ouvre la perspective, guérison , maladie, santé ne sont que des mots, utiles pour désigner mais très vite insuffisants pour comprendre cette fois le sens (Jung disait que la maladie était une perte du sens) et de la maladie et de la santé.

Philosophiquement la maladie peut être une étape initiatique, vécue comme telle: elle nous apprend sur notre corps, elle le fait parler (la santé c est le silence des organes certes mais le silence ne dit rien sur ma nature); elle nous donnent l' occasion de déployer des ressources sans cela inemployées (on a parlé du "bon usage" des maladies);

Nietzsche, grand malade avait sa vision de la grande santé savoir celle qui consite à dire OUI à la Vie telle qu elle est. Thomas Mann dans son chef d oeuvre "la montagne magique" nous a montré combien le mal de son jeune héros Hans Castorp l'avait transformé.

Le Bouddhisme se donne pour objectif de libérer les humains non de guérir suelement; comme si guérir était bien peu de choses au regard de sa visée première.

Il n est pas sans imporatnce de noter que le prince Gautama a justement commencé son long chemin qui devait le conduire à l Eveil par la prise de conscience de la souffrance universelle.

Vivre c est souffrir fondamentalement, au plan personnel comme au plan collectif, ici et ailleurs, maintenant et hier et demain. Voilà la réalité incontournable de notre condition humaine.

Par delà le Bien et le Mal, la voie de Sakyamouni ne promet rien (car à une guérison succède une maladie, à un bon moment un mauvais etc). D emblée elle situe les choses à un autre niveau à la fois humble (l Eveil est représenté dans la statuaire par le geste de montrer la terre) et grandiose.

La Vie est un Tout indivis comme chacun d entre nous est une totalité reliée à ce Tout qu'est l Univers.

Depuis que je médite je prends conscience, je crois bien, que la vie que j ai vécue jusqu ici était comme un demi-sommeil.

Et ce n'est pas le confort et la paix qui sont au rendez-vous ni la guérison...

Quelque chose d aussi banal et d aussi précieux que le sourire d'un enfant ou le pépiement  d un oiseau dans un square parisien un soir d été...

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09 août 2018

LA visite

Visite après un long moment chez notre mère à l EPAHD de Bagneux avec mon frère; toujours mon appréhension d'avant: comment vais-je "la" trouver cette pauvre femme, âgée de 99 ans, Alzheimer, victime récente d un oedème et exposée aux chaleurs sans précédent qui ont beaucoup affecté l Ile-de-France.

Vision habituelle de ces grands vieillards, inertes face à un écran qui ne fonctionne pour personne (à part les deux ou trois valeureuses soignantes noires payées au lance-pierre qui peuvent en profiter). Nous essayons de distinguer notre mère dans ce groupe de personnes; ah! çà y est, c est elle après un temps de flottement: mon frère comme moi avions d'abord cru reconnaître ma mère...enfin, on s'approche d'elle; l'oedème s'est quelque peu résorbé (il était du à l'arthrose); le regard est vif mais l'approche est toujours plus ou moins imprévisible. Le regard se porte sur nous; certes il "exprime" quelque chose mais quoi? Puis ce geste difficile à vivre du rejet que nous essayons d'apaiser.

Mais faute d'échange, mon frère et moi restons à l'écart à discuter; sur le chemin du retour, nous parlons philosophie, société, méditation; sinon le rapport est tendu car je reproche de manière récurrente à mon frère son indifférence à mon égard en lui faisant observer que ce sont des étrangers qui demandent de mes nouvelles, pas lui, alors que la canicule affecte les gens âgés, avec il est vrai, d autres catégories de la population.

Et toujours le même phénomène au retour chez moi. Vif malaise indéfinissable; je me sens si peu "chez moi" alors; tout se passe comme si j avais rapporté de ce bref séjour chez "les grands anciens" un peu de leur état; pourtant j ai un discours intérieur comme "il te faut faire front parce que c est la vie, c est ta vie, c est ainsi, c est la société actuelle avec les "progrès" de la médecine qui font que la vie est prolongée. 
L'esprit humain est chose complexe: je ressens un malaise confus que ni la pensée ni les mots ne peuvent débrouiller...

Je me sens tellement limité personnellement pour dire ces choses...

Cependant, juste avant, le matin j évoquais avec la thérapeute la question de la mort; elle me dit que c est dans l ordre des choses; c est la nature humaine et c est la nature...Oui bien sûr; parfois je regrette de ne pas être aussi "insensible" que mon frère.

Mais en début d après-midi après mon déjeuner vegan chez Cojean que j apprécie beaucoup (pas mal de crudités, de choix et de nouveaux goûts avec une inventivité constante; j aime y déjeuner après la séance de thérapie), petit "évènement" qui m'a fait du bien. Comme il faisait enfin assez beau, je m installai sur un banc dans le square voisin à Sèvres-Babylone. Voilà que (ô surprise! c est une sorte de "miracle" dans cette ville d indifférence) un jeune homme muni de son déjeuner bio me demande la permission de s asseoir à mes côtés; j accepte bien entendu! de plus me tendant une baguette il m en offre un  morceau; je décline lui disant que je venais justement de déjeuner. Il m'apprend qu étudiant en philo, il passait deux mois à paris; je le croyais polonais; de fait c était un suédois. Grande conversation cra j ai un besoin immense de parler même avec des inconnus.

Et moi d évoquer mon voyage étant jeune en Scandinavie jusqu au cap Nord. Magnifique nature; forêts et lacs, cercle polaire arctique franchi, rennes et lait à profusion...

Il me parle de la Suède actuelle, de son gouvernement d extrême droite, des forêts plutôt artificielles (?), de Goteborg dont il est originaire (j ai gardé un souvenir saisissant de la visite des installations portuaires impressionnantes). le jeune homme m'apprend que maintenant des immeubles sont édifiés à la place d une partie des infrastructures...

J'"admire" (en fait je n aime pas trop çà!) les tatouages de l étudiant en particulier une croix ansée de l Egypte ancienne, symbole de vie.

Nous discutons littérature et m étonne de ses connaissances en littérature française; nous nous découvrons des goûts communs: Marguerite Duras, la grande Marguerite; il découvre grâce à moi l autre Marguerite (Yourcenar); j écris alors le nom de cette grande écrivaine et académicienne ainsi que le titre du roman historique "Mémoires d Hadrien". J admire au passage l élégance du petit carnet qu il me tend ainsi que celle du stylo mixte, bille et mine (en fait je devine qu il s agit d un Bic d après le logo).

J aurais bien prolongé la conversation avec ce jeune homme-surprise mais j avais rendez-vous avec mon frère. Aussi lui proposé-je de le revoir pour lui "montrer" Paris; échange de numéros de portable.

Mais je reviens au Bouddhisme (je lis en ce moment l ouvrage magistral de Lavis sur le Bodhicaryavatara de Santideva): bonheur d expression, subtilité de la pensée et culture immense maîtrisée. Pour autant cette lecture n est pas facile on s en doute avec des questions comme "qu'est-ce que la réalité?". Je précise avec de gros sabots: "elle" n existe pas.

Elle n existe pas à la fin des fins et pourtant elle existe bien pour un homme angoissé, qui a peur de la mort, qui hait la solitude, qui recherche désespérément les contacts, qui reste curieux; désemparé et livré à la liberté vertigineuse; la vie existe bien...même si c est un songe même si sur un certain plan elle n existe pas.

Au fait quand vous rêvez est-ce que vous vous posez la question de la réalité du rêve?

"La vida es sueno" (Calderon)

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08 août 2018

Méditer dans le chaos

Le Chaos, voilà l'impression que me fait ce monde de tous les dangers; je renonce à lister le nombre de signes d Apocalypse qui secouent l ensemble de notre planète; il suffit d ouvrir les yeux et de regarder autour de nous, tout près et très loin.

Le Chaos, on le sait, c était chez les Grecs l état de l Univers avant sa mise en ordre  appelée Cosmos (mot polysémique: ordre et beauté; à partir de ce dernier sens, le mot "cosmétique" dérive). Le Cosmos nous suggère une idée de "chaque chose à sa place" et "une place pour chaque chose".

La méditation nous invite à nous retirer en nous non pour fuir le monde devenu chaotique et donc inquiétant (ce n est pas pour rien que j évoquais l Apocalypse) mais pour nous ressourcer afin de revenir par la suite vers ce monde rendu littéralement inhabitable.

L Homme ne peut plus habiter ce monde; c est patent aujourd'hui; on a l impression de forces obscures déchaînées que rien ne semble pouvoir arrêter. La méditation arrive à point nommé; elle nous autorise un répit et une pose (une pause) dans une course sans fin. Loin de signifier un désengagement elle peut au contraire nous inciter à nous engager par la culture de l ouverture au monde (au monde intérieur et au monde extérieur ) qu elle appelle. Lors de mon stage de méditation j ai été impressionné par l engagement courageux de nombre de participants, de la maraude auprès des sans-abri à l aide aux handicapés et eux personnes en fin de vie. Je n oublie pas les enseignants qui donnent pour rien leur conférences qui ont demandé travail et générosité. 

Je reprendrais volontiers cette formule de Marine Manouvrier, une intervenante d el Ecole Occidentale de Méditation: le bouddhisme n apporte ni espoir ni consolation mais transformation.

Je suis toujours aussi angoissé mais j éprouve certes de manière encore fugace et légère comme un sentiment de vivre avec plus d intensité surtout en comparant "avant" et maintenant. En disant cela mon scepticisme apparaît conjointement: et si tout cela était suggestion, imagination? 
Justement ces forces adverses qui sont miennes sont aussi à intégrer et à accueillir comme aspects de la réalité, de ma réalité.

Les analystes du siècle dernier ont pointé la réalité de ces forces de destruction; or le bouddhisme loin de les nier ou de les sous-estimer, nous enjoint de les reconnaître et de les accepter, de leur faire place. 

"Chaque chose à, a sa place"

Posté par jeanlouisgil75 à 07:35 - Commentaires [0] - Permalien [#]

07 août 2018

Le Réel, le rêve, la foi

Je me fais peu à peu au retour sur terre, je veux dire sur la terre ferme de la vie à Paris, déserté (dans mon quartier du moins) et écrasé sous la chaleur. Entre parenthèses, j observe que cette ville se "tropicalise" ou se "méditerranéise" au fil du temps: le climat change à grande vitesse, pas dans le sens souhaité (globalement je préfère l hiver; dans l idéal le printemps est ma saison préférée) et les habitants changent: le type européen est peu à peu remplacé par le type méditerranéen ou africain, sans parler des asiatiques.

Par contre, quelque chose ne change pas; ici, on a des "vagues" successives d immigration, sauvage ou pas: il y a eu le moment maghrébin, puis ibérique puis asiatique puis de plus en plus subsaharien pour parler de manière chic et latino. En fait, ces vagues reflètent l état du monde; dès que la situation se dégrade quelque part nous en avons des effets visibles ici.

Je parlais en titre du Réel; même si lors du stage on a bien insisté sur ce fait: la méditation consiste à observer avec curiosité le Réel, quel qu il soit, il n empêche pour moi qui voyage de moins en moins pour n raisons, ce fut une rare occasion de me plonger dans ce bain de nature apaisante, sans journaux, sans télé, sans internet (cure de désintoxication loin du fracas des nouvelles qui s assimilent de plus en plus à des déchets: ce moment de l histoire humaine, décisif, est celui du Déchet). Autant dire que tout déplacement est pour moi a priori un moment volé.
On sait que toute médaille ayant son revers, les retours sont assez brutaux (même si il y a un peu de contentement à retrouver les "facilités" du chez-soi); aussi une période de transition suit toujours plus ou moins ces retours.
Pour ma part, j ai médité 2 h 30 dans ma chambre, ventilateur allumé (il l est 24h/24).

La foi: je suis toujours dans l incapacité de dire clairement les effets de la méditation sur moi. J ai un peu une tournure d esprit scientifique; si changement il y a, est-il du, ce changement, à la pratique?

Aussi pour reprendre les termes d'un participant au groupe d études (le soir se tenaient des groupes d études d une quinzaine de personnes appelées à s exprimer sur leur vécu de la pratique, ce qui est très bien) le facteur "foi" compte. Ce qui vaut explication et ce facteur est valable dans tous nos actes et nos projets. 

Prenons mon cas: j ai l impression que la méditation ne me semble pas efficace mais qu est-ce à dire? Peut-être des effets ont-ils lieu mais insensibles, trop discrets...Peut-être est-ce que je suis trop exigeant? (à noter: c est chez moi une attitude générale: dans toutes mes pratiques présentes et passées, les résultats evidents et surtout durables sont très rares).

A minima, m asseoir me permet de prendre du recul par rapport aux sollicitations multiples de la vie; et je continue quand même parce que je cultive la confiance, je m auto-suggestionne.

Après tout pourquoi tant de gens célèbres ou pas éprouvent-ils le besoin de se livrer à la méditation? 

Je ne pense pas que seul un effet de mode soit en cause, sinon pourquoi ce mouvement durerait-il depuis les années 70 sur le continent américain sans compter les études et recherches sur la question.

Au moins, en méditant je ne me fais pas de mal ni ne fais du mal aux autres ni à cette pauvre nature que nous maltraitons au point qu actuellement elle "se venge" à la mesure de notre mépris pour elle...

 

Posté par jeanlouisgil75 à 07:39 - Commentaires [0] - Permalien [#]

06 août 2018

Un répit

Retour de cinq jours d un stage de méditation...

Bilan dans l ensemble plutôt positif pour moi. Mais je commencerai par les soucis rencontrés: le "choc" de la vie en collectivité surtout dans un environnement qui n est pas celui confortable d un club de vacances, heurt des personnalités, il est vrai limité par la "bienveillance" prônée par la doctrine du Bouddha, choc surtout pour moi du fait de l âge et de ce fait une moindre souplesse d adaptation, de la distraction et un "affolement" (crainte de ne pas avoir entendu telle "consigne", d'être débordé par le temps etc...)

De plus, j étais dans l attente sourde de nouvelles de ma mère de 99 ans, hospitalisée pour un oedème...Par ailleurs, de nouveau, je devais vivre un incident pénible: mon appareil auditif que j ai décidément un mal fou à supporter est tombé en panne (le changement de piles n a rien donné). Il faut dire à ma décharge que les intervenants sont diversement "dotés" sur le plan de la puissance de la voix. Pour moi ce fut une épreuve que de devoir révéler cet incident dans mon groupe de paroles; de plus je me suis enhardi à dire mon âge à un médecin du groupe, un bénévole de 70 ans, lui aussi aux prises avec son appareil auditif (la technique la plus sophistiquée jamais ne remplacera la nature). J ai l âge que  j ai, les origines que j ai, la distraction qeu j ai, les limites enfin que j ai...

Le positif de l'affaire (mais le positif, le négatif, cela ne signifie rien dans l absolu): la rencontre de gens différents, c est-à-dire la rencontre indirecte avec moi-même. J ai observé ma tendance à interpréter. Par exemple, quelqu un à côté de moi quitte la tablée; ne pas nécessairement décoder comme une marque d antipathie à mon égard; les choses sont souvent autres qu on croit; cette personne pouvait aussi être timide et au pire ne me supportait pas.
Pourquoi pas? On est tous pareils sous cet angle; on n aime pas tout le monde et on n est pas aimé par tout le monde; ce "tout le monde" n est pas la maman de rêve.

J ai essayé d être plus authentique, ce à quoi nous invite la méditation; je me retrouve souvent isolé et j imagine qu on peut interpréter cela comme une sorte de mépris; je me suis dit "sois toi-même et ne joue pas à être ce que tu n es pas".

J ai de fait un fond de timidité sociale doublé de la crainte (j ai du mal avec çà) du rejet. A travailler.

Mais il y eut des moments "magiques" pour moi: la splendeur de la nature, la belle verdure normande qui me rafraichit après la touffeur parisienne (que je retrouve à mon retour en plus accentué; plus besoin de se rendre aux îles de la Sonde; on a çà sur place); cet oiseau qui se heurte contre la vitre de la fenêtre alors même que le conférencier parlait justement d oiseau; cette jeune fille très réservée d un groupe de paroles qui vient vers moi en me disant (ô surprise!) qu elle m a trouvé respendissant et même beau (!). Très ému, et surtout étonné (je venais de parler de ce corps, le mien que je sentais mort) je l embrassai en lui disant combien ces mots me faisaient du bien en ce moment surtout.

La vie ne peut être circonscrite par la raison ni par les mots ni par la pensée.

 

Posté par jeanlouisgil75 à 08:41 - Commentaires [0] - Permalien [#]