Choses vues entendues sues

25 février 2018

Le médicament-doudou

Je suis comme tout le monde; à chacun son doudou; et comme tout le monde je dépends de ce doudou. Bien entendu, le portable pour commencer qui semble me mettre en contact avec ...le monde et le soir, mes médicaments pour pouvoir dormir mais je sens bien qui ils participent en plus d une ritualisation du coucher d autant que la période est difficile puisque je n ai plus droit au petit bonsoir du jeune homme que j ai pas mal aidé sous prétexte que pour lui la pression devenait "insupportable" (?)

J ai épuisé tous les arguments possibles mais rien n'y a fait. Alors...

Il y a des chances que ce que je crains le plus arrivera savoir mourir seul dans l ignorance générale. Les odeurs de putréfaction du cadavre attirant peut-être (car il y a une seule voisine sur le palierabesnte et invisible).

On ne peut rien contre son destin.

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24 février 2018

Méditer pourquoi?

Je sais bien que je reprends souvent ce thème des temps-ci; l époque s y prête avec ses incessants chagements, ses frustrations, le pessimisme planétaire, les nouvelles menaces qui pèsent sur l humanité, et j en passe.

Notre environnement immédiat change lui-même; quelqu'un faisait remarquer que nous sommes tous des migrants ne serait-ce que parce que notre environnement change...

Mon ami québecois m a fait observer que trois heures de méditation c est peut-être trop mais je pense que compte tenu de mon actuelle difficulté de vivre (j'ai du demander une séance supplémentaire hier à ma thérapeute qu on sentait hier fatiguée à la fin d une semaine de travail qu on devine chargée.)

Mais ja vraiment du mal avec cette solitude même si j en connais les ressorts.

La méditation me donne cette possibilité étant donné la difficulté sans précédent d établir une relation durable aujourd'hui de me fournir un cadre stable, un setting comme disent les psys qui me permettent une sorte de pause, un point d arrêt favorables aux émergences de l esprit rendu plus "actif" par le fait même de sa concentration. En outre mon attitude "contemplative et ma curiosité sont un atout pour ce type d occupation (occupation si l on veut)

Voilà pour ce matin; je me rends malgré un froid inhabituel à neuilly pour écouter une double conférence sur le Big Bang, avant et après.

Au fait retour en force de la mythologie en ce temps stérilisant l affectivité et l imaginaire.

Le Big Bang, mythe ou réalité?

 

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23 février 2018

De l intérêt du sport

Question qui fut débattue hier soir dans la société de pensée à laquelle j appartiens.

Je suis peu sportif ou je le fus peu et je n ai jamais participé à aucune compétition. Mais j admire les qualités morales et intellectuelles que les sportifs professionnels doivent déployer pour vaincre 'les autres et soi-même).

Le sport peut apporter de réelles joies ne serait-ce que sentir son corps de manière différente alors qu il fonctionne correctement.
Sans compter les bienfaits de l exercice de ce corps qui n est plus tout-à-fait du sport. On connaît le vieil adage: mens sana in corpore sano. Enfin il est vrai que le sport sublime l'agressivité (pas toujours hélas) et se présente pour des jeunes qui auraient autrement basculé dans la délinquance une voie de réussite et une image positive d eux mêmes.

Mais le sport dans son état actuel est lui aussi un reflet de perversions de notre société: mercantilisation, dopage de toutes sortes, spectacularisation, starisation, rétributions scandaleuses des vedettes..;

Je ferai un bilan mitigé de ce sport du 21me siècle. 

Hélas je pense que le corps sportif devient de plus en plus un corps fabriqué, produit de l industrie, instrumentalisé à l'image de cette société vouée au rendement et au profit.

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22 février 2018

La casse d un pays

J assiste impuissant ( que puis je faire? monter sur des barricades?) à la casse d un pays, la France. Jour après jour on détricote les protections qui résultaient d longues luttes des générations précédentes au nom du néo-libéralisme tout-puissant qui défende l entreprenariat; en dehors de lui, point de salut!

On tranche dans le vif du corps des fonctionnaires considérés comme des parasites, on supprime des postes partout et on remplace les personnels qualifiés par des employés temporaires démotivés et exploitables à l envi, on ferme des écoles peu rentables, on diminue les pensions de retraite; et le petit commerce périclite balayé par les firmes de l'e-commerce.

Tout le monde se plaint ou fait le dos rond mais je sens que tôt ou tard (hélas!) l explosion va se produire avec les dégâts qui vont avec.

 

 

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21 février 2018

La connaissance de soi

Je voudrais traiter ce jour d un sujet pour moi essentiel: la connaissance de soi. On croit se connaître surtout après tant d années de vie et tant de thérapies et tant de lectures et tant de rencontres.

Et pourtant!

Ainsi, je prends conscience d un véritable angle mort de cette connaissance de moi-même sans doute à la faveur d une sorte de maturation (vous pouvez passer tous les jours devant un monument sans jamais le voir, vraiment ou passer tout une vie auprès d une personne sans la voir vraiment) et de deux ou trois faits;

Voici: j ai assisté via You Tube à une conférence de Mathieu Brégégère, un jeune membre du staff de Fabrice Midal, Fondateur de l École Occidentale de Méditation. Il devait remplacer au pied levé Midal lui-même souffrant. Ila parlé simplement, sans fioritures nu effets de manche de ses interventions dans les établissements scolaires pour introduire la méditation auprès des jeunes (on sait que sur 45 minutes de cours 10 sont efficaces actuellement). J ai été frappé par sa spontanéité, son aisance mais surtout sur son regard sur ces jeunes. Point de grands mots ni de théorie mais un constat: l isolement de ces jeunes et leur mal-être.

Second fait: le même Mathieu me voyant ou sentant mon désappointement dimanche dernier parce qu un cours avait été annulé en dernière minute (suite à une erreur de planning d affectation des salles) m a pris dans ses bras (il est vrai que c est une manière d être assez fréquente parmi les membres de l EOM) mais cela a été pour moi d un grand réconfort.

Du coup j ai pris conscience de la différence: aurais-je parlé moi de ces jeunes de la même manière, soyons honnêtes?

Je suis (trop) intellectuel et très tôt chez moi l intellect a pris le dessus sur l affectivité et du coup ce que je reproche à mon frère, sa froideur, n est-ce pas aussi à moi que je m adresse?

Du coup je me pose la question: qu est-ce qui a tari en moi cette source vive?

Non que je sois froid ni distant nécessairement mais ce qui est en cause ici c est ma vision du monde et des gens, passablement distante ou méfiante ou intellectualisante d abord. 

Une dernière touche à ce tableau: le bouddhisme insiste sur la bienveillance aimante et je pense que dans une certaine mesure inconsciente jusqu ici je me mettais en vant sous des dehors de réserve. Au fond l autre est celui grâce à qui j existe, le "je" existe...

Cela ouvre une perspective vertigineuse...

Pourquoi? Comme première explication je crois que ma mère m a enfermé dans moi (avec elle) et ma construit comme un objet centre de ses inquiétudes dy reste soigneusement masquées. Du coup il y vait moi (et elle qui me considréait comme objet) et les autres englobés dans un tout indifférencié et susceptible d exposer la dyade au risque d être détruit.

De manière plus théorique (on voit que j ai du mal à sorir de ma manière d être) Freud a montré que l intellectualisation est un mécanisme de protection contre les affects; nous y sommes...

L amour présuppose une ouverture et une confiance en soi et dans les autres. A mon avis  c est ressenti comme naturel même si c est construit très tôt dans la petite enfance.

Pour aimer n efaut-il pas faire très tôt l expérience de l amour?

J ai eu cette expérience mais l être qui m avoué cet amour (ma tante) a tôt disparu.

La voie de l amour m a été barré deux fois par la mort de cette tante (de la même maladie que moi qui ai survécu) et le sentiment de possessivité défensif d une mère qui se défendait ainsi de ses propres insuffisances.

D où mon instrumentalisation inconsciente par elle et mon habitus de regarder les autres de loin ou de haut (toujours inconsciemment jusqu ici) comme elle le faisait sans doute envers moi.

C est compliqué la vie hein?

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20 février 2018

La résilience

J emploie ce terme à la mode à contrecoeur car il décrit mais n explique rien comme la fameuse "vertu dormitive" de l opium" qui fait dormir grâce à elle.

Mais je l emploie parce qu il nomme une réalité précise: la capacité de résistance d un être humain face aux inévitables épreuves de la vie, de toute vie...

J usde ce mot à propos de moi; je me trouve bien peu résilient; un rien me déstabilise, me touche, m affecte d une manière ou d une autre. Je n ai pas le calme, la sérénité, le flegme de certains.

Comment font-ils, surtout en cette époque qui, chaque jour, nous apporte son lot de soucis, petits et grands, sans que personne ne vous vienne en aide à part le professionnel que l on paye mais l argent fausse la relation...

Je tiens le coup, on le sait (ceux ou celles qui ont la patience de me lire) par les médicaments et j aimerais tant m en passer, les remplacer par des "méthodes naturelles".

Mais je crois qu il convient se se résigner; que faire d autre? Je n ai pas le courage ni la volonté ni la sagesse voulues pour faire bouger les lignes comme on fit maintenant. 

Je mets tous mes espoirs (ai-je raison?) dans ma pratique quotidienne de la méditation. On a parlé de mode et après tout pourquoi pas, si cette "mode" fait ses preuves depuis que bon nombre d hôpitaux l ont adaptée pour soigner les maux de l âme.

Comme on ne peut éradiquer le Mal je ne puis que vous souhaiter le moindre mal possible. Et c est déjà beaucoup!

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19 février 2018

Début de semaine

Le lundi ( c'est démontré) est une jour considéré comme difficile: on recommence son travail (ledit travail est de nos jours de moins en moins épanouissant mais souvent au contraire lieu de conflits, de contraintes et d'arbitraire des supérieurs quand il n est pas source de stress lorsqu on n a rien à faire ou lorsqu on est placardisé) ou on recommence un cycle hebdomadaire avec l inconnu qui y est associé et l inconnu fait peur. Ce n est pas par hasard que l accidentalité notamment est plus intense le lundi.

Qu en est-il alors des retraités ou des "semi-retraités" tels que moi: le même pic dépressif se produit aggravé par la fermeture des bibliothèques par exemple. Ajouter à cela chez moi le silence du jeune homme qui se "préoccupait" de mon sort. Plus de nouvelles, plus de bonsoir. Je dois m adapter; je n ai pas le choix.

Mais ce n est pas tout; je reste à Paris et de plus ce sont les vacances d hiver qui débutent; en conséquence, je n'ai plus d élèves; çà fait beaucoup pour un homme qui assume mal sa solitude ou mieux son isolement. Ne compter surtout pas sur vos contemporains et sur les Parisiens en particulier qui restent encore pour l échange. Autant imaginer la Tour Eiffel.danser la zumba.

Du coup je dois m inventer des occupations, investir cette longue plage de temps qui est pour d autres une ressource et une richesse. Certes mais le désir défaille. Alors?

J ai ce blog à rédiger chaque matin qui m occupe, autorise les contacts que je n ai plus, le lien familial étant proche de zéro et les relations de voisinage quasiment nulles. Les rares amis ou amies étant aux abonnés absents.

J ai aussi mes deux heures de méditation qui sont passées à trois depuis deux jours. Oh! je ne pense pas devenir "heureux" comme Matthieu Ricard qui pratique sous la supervision de maîtres chevronnés depuis des décennies; je m y suis pris trop tard. Une constante chez moi: tout se produit tard, trop tard.

La lecture encore mais l attention est difficile à maintenir, signe des temps. La télé pas les infos qui saturent mais peut-être un film (hier regardé un magnifique film avec Sidney Poitier et Peter Falk, dans le rôle de psychiatre de prison confronté à un patient "rebelle" raciste et antisémite, membre d un parti néo-nazi (eh oui!).

Je pense à l ennui qui a aussi avec l anxiété été une constante de ma vie. Pas de passion qui me soulève, m exalte, me libère de la prose des jours. 

Non chez moi des moments de forte intensité par exemple en compagnie d une personne avec qui je me sens bien non jugé mais accepté comme je suis ou à l écoute d une musique que j aime (c est rae car pour moi les conditions ne sont pas réunies)

Au total Docteur je déprime pour des raisons cernables et pour d autres que j'ignore...

 

 

 

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18 février 2018

La violence encore...

Je viens de suivre une émission de radio sur l Islam et la non-violence: un spécialiste (que de spécialistes de nos jours; bientôt il n y aura plus que des spécialistes de tout et de rien) traitait doctement de ce sujet en tentant de nous montrer qu Islam et non-violence étaient historiquement compatibles.

Mais élargissant mon propos j aimerais livrer ma propre vision de cette violence qui semble consubstantielle à l Homme.

Je ferai remarquer que, oui, d'après mes connaissances de non-spécialiste la violence est partout dans toutes les religions importantes. La Bible fourmille de combats et l histoire d Abel et Caïn est connue de même que l injustice de Dieu attestée par Job. Le Christ lui-même demande à ses fidèles de quitter père et mère pour le suivre. La Bhagavad Ghita, livre de base du brahmanisme tourne autour d un combat entre deux cousins. La Bouddhisme certes plus pacifique se montre dans les faits violent (Birmanie actuelle) et le Bouddha a du se battre contre les assauts de Mara avant de connaître l éveil (il suffit de regarder l art bouddhique et ses divinités menaçantes).

En politique le marxisme reconnait la violence comme accoucheuse d Histoire; au plan individuel, Freud a bien montré l Homme aux prises avec deux forces antagoniques Eros et Thanatos.
 Chacun d entre nous est violent de manière ou d une autre sans s en rendre compte parfois.

Il ne faut pas rêver.

Notre société post moderne, elle vit, des formes nouvelles de cette violence (j en parle suffisamment dans mon blog).

Je me pose la question de la nécessité biologique et ontologique de la violence; toute la nature est une leçon de choses "grandeur nature" de la permanence de la violence, de même que l Univers où des corps célestes en dévorent d'autres etc

Mais cela étant, la violence semble inscrite dans la vie même puisque notre corps  est le champ d un combat permanent entre les minuscules êtres pathogènes et le système immunitaire.

Je termine par cette réflexion. Le Bien serait-il concevable sans son pôle opposé le Mal?

Et si le bouddhisme comme le stoïcisme dont il est si proche nous montrait que, au delà du Bien et du Mal il y avait le Réel où les contraires à un certain niveau se neutralisaient et n avaient du coup plus grand sens...

A notre échelle bien limitée d humains, relatifs sont mal et bien, douceur et violence et le Réel aussi est tout autnat relatif...

 

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17 février 2018

Pessimisme et méditation

Ici j ai souvent évoqué mon pessimisme à la fois "naturel" (je veux dire "historiquement déterminé par le temps de ma naissance et de ma petite enfance; cela étant, je sais bien que des gens ont souffert beaucoup plus que moi; je lis l'autobiographie de Roman Polanski; son enfance fut cauchemardesque et pourtant il triompha de l adversité. Peut-être faudrait-il tenir compte de la génétique) et lié à ma vie actuelle, dans une ville qui se dégrade (pollution, saleté, transports insuffisants, moins fréquents, impolitesse des gens, obsession justifiée de la sécurité etc) et un pays qui ne va pas bien à l image de l Occident tout entier.

Alors que faire sinon compter que sur ses propres ressources, chacun étant préoccupé par la contemplation de son nombril?

J ai recours à la méditation et en suis à deux heures par jour; une séance le matin et une le soir.

J ai observé un phénomène curieux que j essaye d expliquer: le soir la séance paraît beaucoup plus courte que la matin où au contraire la durée objective est surestimée. Il semble que lorsque je ne suis pas tendu, ou dans l'attente de quelque chose ou d actions à mener je ressens cette diminution (cela peut aller jusqu à une estimation de deux tiers en moins!). De plus le niveau de vigilance joue, moins éveillé je sens moins le temps passer, enfin lorsque l état émotionnelle est intense même résultats.

En dehors de cela il est malisé de dire ce que génère cette méditation qui a fait de Mathieu Ricard " l homme le plus heureux du monde " selon les spécialistes". Il faut dire qu il a à son actif des décennies de méditation sous le "contrôle" de maîtres expérimentés.

J ai noté des in-sights ou prises de conscience, ce qui est plutôt positif; une moindre fragilité à confirmer. 
Mais il est vrai qu étant curieux de nature il est surprenant de "voir" le fonctionnement de l esprit "en direct". Un exemple: un mot, une idée, venus on n sait d où tarverse l esprit sans rapport aucun avec le contexte externe ou interne. Je comparerais cela à une "décharge orpheline, l équivalent d un tremblement du corps (?). A creuser.

Enfin çà m occupe et développe en moi du courage, de la persévérance, de la patience, on en a bien besoin en une époque aussi imprévisible, où le défis sont à relever en permanence.

A lire Ricard ou Midal ou André la méditation serait un soin de l âme (et du corps semble-t-il) "idéal" pour une époque ausi tourmentée.

Un kit de survie pour temps d Apocalypse.

 

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16 février 2018

Destinées du Moi à l époque du numérique

Toute personnalité est certes unique et la perte de chacun est à juste titre considérée comme irremplaçable. Je sais enfoncer des portes ouvertes en disant cela; mais il n en demeure pas moins que la société où nous avons la chance (ou la malchance pour la notre à mon sens) de vivre nous modèle, quoi que nous fassions, quoi que nous pensions, quoi que nous sentions.

Je rappelle le livre fameux de la psychologue américaine Karen Horney "la personnalité névrotique de notre temps" rédigé à une époque archéologique paru en langue française en 1988.

Cette auteure a bien montré la part incontournable de la société dans le modelage de notre être.

Mais qu en est-il aujoud'hui à l heure de la mondialisation (je parlerai pour ma part de mondialisation des problèmes plus que des solutions), de l hyperindividualisme, de l objet-roi sacralisé et d un capitalisme complètement dérégulé.

Personne n a plus d importance et j aurais envie de dire pourquoi pas dans une perspective philosophique comme un rappel de notre humilité; les Grecs l avaient eux compris comme du reste le livre de l Ecclésiaste (de "humus" terre)? Or il ne s agit pas de cela mais de bien plus grave et inquiétant. Un être humain équivaut à une chose. Les exemples abondent et l on sait que le pathologique agit comme une loupe grossissante. Du terrorisme mondialisé aux tueries à répétition américaines on assiste sidérés et impuissants à des actes non pas barbares (c est trop ou trop peu dire) mais déshumanisés, à savoir que les "criminels" sont agis plus qu ils n agissent; de plus leur sensibilité est réduite à rien; leurs victimes sont des cibles, des choses qui bougnet comme dans les jeux vidéo, comme sur les sites de rencontre où on ne rencontre personne que soi-même encore et toujours, que des avatars eux-mêmes changeants et des faux profils.

C est dire l influence d Internet et du virtuel mais il ne faut surtout pas demander aux ingénieurs de la Silicon Valley ou d ailleurs de faire montre d un souci d éthique; non ce qui compte pour eux c est de SE faire plaisir et pourquoi s arrêter en chemin d empocher les dividendes.

J en arrive au Moi de cette époque dévoyée qui évoque fortement les régimes totalitaires (du reste, est-ce un hasard si partout dans ce monde globalisé ce sont les régimes les plus intolérants qui ont le vent en poupe? C est en effet du vent, leurs discours passéistes et nauséabonds).

Ce Moi est un Moi faible, fragile, immature (et mégalomaniaque ce qui in fine revient au même), muré dans ses certitudes (d autant plus qu il n en a aucune). C est un Moi fantoche, influençable, addict des médias aux ordres (on donne le change en critiquant l équipe au pouvoir mais la duperie est grossière), férocement égocentré, d autant plus égocentré qu il a conscience qu il est chose parmi les choses qu il consomme et qui le consomment, qu il est l esclave consentant des firmes géantes qui savent par coeur par traçage ce qui l asservit au mieux dans leur intérêt. Les rats de laboratoire conditionnés eux n ont pas la ressource d un cerveau dont on nous rebat les oreilles avec les prouesses des neuro sciences qui ne sont qu au tout début de l exploration de notre organe.

Le Moi de ce temps est décidément mûr pour la dictature annoncée, la dictature déjà là celle pour laquelle on a trouvé le nom de démocrature, ce mot-valise  qui dit vite ce régime implacable qui se pare des couleurs d une démocratie qui ne fait que se survivre comme un fantôme de ce qu il fut...il y a encore peu...

 

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