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Choses vues entendues sues

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3 janvier 2022

Meilleurs voeux

Heureuse année 2022 même si çà sonne faux puisque depuis plus de deux ans on sonne le tocsin des mauvaises nouvelles qui telles un tsunami emportent tout sur leur passage.
A mon âge, je suis vivant et plus le temps passe et il passe vite plus je me satisfait des fondamentaux dans un dépouillement croissant des fausses valeurs.
Aux personnes qui me lisent grande année 2022, l espérance étant une vertu cardinale.

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14 novembre 2021

Les animaux et moi

Brillante conférence en distantiel hélas de Danielle Moyse, de l équipe de l Ecole de Méditation sur les animaux et les hommes. Elle était interviewée par une proche de Midal sur son dernier ouvrage paru au Cerf.
Je connais un peu Danielle Moyse lors d une retraite, celle où je fus déclaré bouddhiste et c est une chance pour moi d avoir été "reçu" par elle avec d autres dans la communauté. Je savais qu elle avait écrit un ouvrage sur cette immense chanteuse que fut Barbara; à ma grande surprise alors que je mentionnais son livre lors d un échange avec d autres retraitants elle fit une moue et je compris qu il valait mieux changer de sujet. De plus tout au long du séjour- retraite dans le Jura je remarquai chez cette femme une sorte de froideur mêlée de tristesse avec quelque chose de passablement dur et fermé (?)
Mais revenons au livre. Danielle Moyse, agrégée et docteur en philosophie, directrice au CNRS, professeur en lycée, etc, a traité très brillamment de ce que sont pour elle les animaux.
Bouleversée par leur sort dans les abattoirs industriels (elle a pu visionner un clip clandestin sur le sujet) elle nous a livré ses réflexions. Pour elle le sort des animaux évoque celui des humains parqués dans les camps de la mort: même chosification, même recherche de la rentabilité, même absence totale de sentiment. Elle a judicieusement cité Heidegger pour qui le monde moderne est celui de la nature instrumentalisée, exploitée, dévastée enfin.
En cette occasion, ce qui m a beaucoup touché, elle nous confia que ses compagnons étaient des animaux et qu elle est devenue végétarienne.
Mais j ai tout particulièrement apprécié sa représentation du monde animal, loin de tout sentimentalisme primaire et de toute anthropomorphisation; à ce propos, excellente formule: les animaux ont avec nous un rapport de "proximité abyssale". Tout est dit...Elle nous a dit encore d imaginer un monde sans animaux...Pour moi ce serait un enfer...
Magnifique rapprochement avec l eugénisme en vogue chez les nazis (haras humains) et ce fait: une des figures les plus cauchemardesques de ce régime toujours impossible à penser, Himmler était...ingénieur en agronomie de même que Hoess, commandant de l usine de mort n° 1: Auschwitz.
Puis nous eûmes droit à une belle lecture: un passage du grand écrivain Maurice Genevoix qui a consacré nombre d écrits à sa belle Sologne et aux animaux. Très belles lignes sur les lapins décimés par la myxomatose. Genevoix entré au Panthéon a aussi traité de la boucherie de la guerre de 14.
Rapprochements justes entre la recherche du rendement valorisé par le capitalisme sauvage, l homme considéré comme un objet à jeter quand il ne "rend plus" assez, l animal réduit à l état de matière consommable; la consommation est pour elle la con-sommation...
Il y aurait tant à dire sur ce livre magistral loin des habituels clichés.
Pour ma part, j'ai souvent dit que ma "conversion" à la défense des animaux est assez récente; avant je ne comprenais pas ces gens qui parlaient à leur toutou à Paris. 
Certes à Tunis j ai été en contact avec des animaux; il est vrai que j ai eu mal lorsque; adolescent, notre petit poisson rouge est mort. On ne ressent ^pas la même chose quand on jette un meuble.
Pour moi l animal (je parle plutôt des mammifères) m intrigue, me fait du bien; et j irai plus loin, il m enseigne sans savoir ce qu il m enseigne au juste.
Pour citer les grands auteurs, Descartes faisait des animaux des...machines; le même philosophe ne disait-il pas que "l homme devait se rendre comme maître et possesseur de la nature". Nous y sommes; on voit le lien avec le productivisme déshumanisant de notre époque.
Quant à Freud qui a commencé sa carrière en étudiant le système nerveux de la lamproie il voit bien que les pulsions humaines ont à voir avec le biologique. Et il dit quelque part que dans les profondeurs de notre être nous sommes encore à l ère des sauriens.
L animal qui nous apporte tant (simplement au titre de la recherche biomédicale): compagnie, stimulation de l imaginaire, thérapie, fidèlité émouvante (ces chats qui partent à la recherche d eleur maître etc) par le traitement scandaleux que nous lui infligeons nous dit beaucoup sur nous. Nous sommes (aussi) des animaux mais "dénaturés" (Vercors), pervers, méchants, égoïstes.
Imaginez un monde sans animaux...

8 novembre 2021

Le problème de la solitude

Il est plus que temps pour moi d aborder frontalement ce problème; je précise d'emblée que c est un problème pour moi, pas pour d'autres; en témoigne le cas exemplaire du moine errant bouddhiste Matthieu Ricard. Dans ses Mémoires passionnants il nous conte qu il a vécu sans dommage de longues années dans une grotte dans un pays himalayen; on sait aussi l imporatnce de l'érémitisme dans le christianisme. Enfin que de fois n ai je entendu le témoignage d artistes et écrivains qui aimaient la solitude.


Pourquoi chez moi la solitude fait-elle problème à ce degré?
D abord il convient de distinguer en stricte méthodologie deux types de solitude qui interrogent: la solitude objective et la solitude subjective. Je pense à Johnny qui hurlait sa solitude; or Johnny était toujours très entouré, notamment de fans et de femmes.
Chez moi, il s'agit des deux solitudes: personne chez moi, pas même un petit animal (ne riez pas: dans mon ancien appartement une araignée me tenait compagnie dans les wc: la Vie).
Je crois que mon vieillissement qui s accélère ces derniers temps accroit ce sentiment douloureux parce qu anxiogène.
Je vois moins bien, j entends moins bien, ma marche est moins assurée, je crains un accident toujours possible.
Mais jadis, il y a mettons 7 à 10 ans, pas de souci pour moi. J étais seul comme je l ai toujours été mais je n avais pas ce ressenti douloureux. Je sais par ailleurs qu il y a pire; on cite le cas de personnes âgées n ayant qu un contact humain par mois; on sait aussi qu la solitude n est pas l apanage des personnes âgées; les jeunes en souffrent aussi; ils disent par euphémisation qu ils s ennuient.
Le Covid une fois encore a déshabitué les gens à "voisiner" comme on dit joliment au Québec.
Le ressenti d être seul a à voir avec ce sentiment diffus d être "seul au monde", comme perdu, perdu dans les espaces intersidéraux, ce que je ressens confusément dans ces violentes crises de panique qui me submergent à présent même à deux pas de chez moi.
La solitude renvoie à la perte d une partie de son corps, au sentiment de l incomplétude, à la chute dans un trou noir.
Les gens qui se sentent seuls ont été très seuls dans leur enfance et ont vécu le drame de la perte réelle ou fantasmée d un être proche, trop proche.
Et je pense à la notion de bonne distance: une"bonne mère" doit veiller à être proche mais en respectant le soi de son enfant, son intégrité physquqe et morale.
Petit j ai souffert de la mort de ma tante à l âge de quatre ans; je me suis trouvé livré à moi-même sans aide, sans explication sur cette disparition brutale avec ce deuil étouffant et interminable et très extériorisé "à la mode méditerranéenne".
La mort  encore récenete de ma mère est pour moi une double perte objective et interne.
Même réduite à l état de légume par ce terrible Alzheimer, elle était vivante. Je la savais quelque part. Fini tout çà.
Je suis seul, seul dans cet infernal duo avec moi-même sans médiation possible.
Longtemps, trop longtemps cette mère qui fut une femme dynamique, perfectionniste, intelligente a imposé sa présence envahissante à ses "trois hommes". Et moi, l aîné déjà fragile, né au milieu des bombes, rescapé d une grave maladie qui a emporté ma tante, j ai été élevé dans ce cocon protecteur qui a disparu remplacé, par mon chez-moi qui s y substitue tant bien que mal.
Pour ma psychothérapeute (j ai passé un bon tiers de ma vie chez les psys), ma génitrice a fait de moi une "poupée", pour mon frère j ai joué le rôle imposé de phallus manquant.
Dur de vivre dans les profondeurs de son être comme la partie d un tout.
La solitude dramatique que je vis est comme la conscience d être incomplet. Non seulement il n y a plus personne mais il me manque une part de moi.
Mais au delà il y a le masque grimaçant de la mort.
La solitude vous confronte, à ce degré d acuité à votre néant.
Pascal a magnifiquement compris la problématique. L Homme a du mal à rester seul et à tout prix ( j insiste: à tout prix) il cherche le divertissement, de "divertere" détourner.
Tout sauf la solitude: drogues, alcool, écrans, musique comme bruit de fond, chien ou chat, lectures. Tout vien tromper notre ennui de vivre, notre sentiment d être de trop ( Sartre). Hamlet est seul face à un crâne quand il dit ces mots snas doute les plus célèbres de toute la littérature: "To be or not to be that is the question".
La société de consommation actionne les sirènes de la séduction marchande en susurrant: vou;s ne serez jamais seul avec ce robot ménager, ce joujou, cette poupée.
 L enfant a peur du noir; mon père me racontait avant de me coucher la même histoire de Bamboula. J étais tranquillisé. et m endormais rapidement.
A présent je n ai pas le choix.
Je dois apprendre à un âge où on a du mal à apprendre que in fine nous sommes, entourés ou pas, toujours seuls, fondamentalement seuls...

 

7 novembre 2021

Du bonheur

Dès lors que mon actuelle anxiété me condamne à rester chez moi sauf à me rendre au super marché voisin, je me trouve réduit à lire un peu et à visionner les replays Arte toujours excellents; hier, documentaire sur le jeune suédois qui fut sélectionné par Visconti pour interpréter Tadzio dans le chef d oeuvre "Mort à Venise" d'après un de mes auteurs de prédilection, Thomas Mann.
En gros le thème tourne autour de la Beauté et de la Mort. Le soleil comme la mort ne se regardent pas en face, dit-on. Le compositeur interprété avec finesse par Dirk Bogarde est en panne d inspiration et alors qu il est descendu dans un palace de la Cité des Doges pour retrouver sa créativité il se trouve confronté à un éphèbe à la beauté surnaturelle; on comprend que, en fait, c'est l'Ange de la Mort.
Comme si le Beau absolu n était pas de ce monde; ce qui nous renvoie à Platon; pour lui, le monde réel est illusoire et les idées seules sont réelles. Peut-être les trouverons-nous dans un ailleurs imprécis...
Visconti nous confronte à de formidables enjeux et aux grandes questions qui se posent à chacun d entre nous.
Dans son film, nous assistons à la déchéance de l artiste confronté à son veillissement et à son impuissance à créer. La vision de ce jeune homme surnaturel était en définitive une image de l impossible: on ne peut remonter le temps, le beau est inaccessible, et la mort est embusquée; en effet, une épidémie de choléra ravage la ville.
Et une des sènes les plus bouleversantes du film me revient: Bogarde s'est maquillé pour paraître plus jeune et son maquillage coule alors que dans la nuit et les rues vides l'épidémie rôde.
On a retrouvé dans la vie réelle le jeune éphèbe devenu lui aussi un vieil homme, silencieux, barbe flottante à la mode hippie, mutique, comme détruit par une célébrité trop rapide, trop brutale, planétaire.
Tout se paye dans la vie. Et il n y eut pas pour cet homme de suite à cet emploi unique dans le film de Visconti. L adolescent était trop fragile pour soutenir une célébrité imprévue et sans lendemain.
On devine que le message du roman de Thomas Mann, hanté par la mort (cf le fameux roman "la montagne magique") et sa sexualité mal assumée (il se maria eut des enfants mais il avait un penchant pour les garçons, ce qui était censuré à l époque dans la bourgeoisie de Hambourg) est sombre. Le bonheur toujours recherché nous échappe toujours ou il est pure chimère.
Un second documentaire évoquait la vie de cet immense artiste, Arthur Rubinstein; cet incomparable interprète de son compatriote Chopin était un vrai patriote et un citoyen du monde; il aimait les femmes, les cigares, l humour.

Juif , il n était pas pratiquant mais il soutenait Israël alors que le nazisme avait anéanti les deux tiers de la population juive europénne, 40% des juifs du monde et à peu près tous les Juifs de Pologne, on le sait.

Magnifique et émouvante interprétation du 2ème concerto pour piano et orchestre de Frédéric Chopin. Regarder cet homme très âgé, presque aveugle, faire danser ses doigts encore agiles sur les touches et nous faire don de cette musique est un moment d éternité.
Plus d autres images de cet homme avec sa femme, ses enfants, constamment en tournée à travers le monde avec partout des foules enthousiastes. Et justement en l écoutant je pensais que le bonheur c était peut-être çà: une musique venue du fond de l âme et s adressant à l âme de chacun d entre nous, ressuscitant le héros de la Pologne ( j ai eu la chance à Varsovie de voir son monument et d écouter dans un palais somptueux style 18ème, au bord de la Vistule des oeuvres de Chopin).
Et pour Arthur Rubinstein la vie n est pas faite que de joie; comme tout un chacun il a eu son lot d épreuves. 
Et, pour lui l un ne va pas sans l autre.
Le pianiste auquel François Reichenbach avait consacré un très beau film ne sait pas si un au delà existe mais son oeuvre et sa vie nous ont donné une belle leçon de bonheur dès ici-bas.


4 novembre 2021

Qu est-ce qu'un bon médecin?

Voilà une question qui s impose à moi aujourd'hui après avoir subi un bilan sanguin plus complet que jamais.
Et d'autant que je suis toujours dans une période de très forte anxiété; j'ai eu droit à une crise de panique en me rendant au laboratoire d analyse médicale pourtant près de chez moi.
Comme souvent en ce temps merveilleux qu est le nôtre, je tombe sur une secrétaire qu on aurait pu sans dommage remplacer par un robot: " carte vitale, carte bancaire? attendez là".
Pas un bonjour, pas un merci, rien. Cette personne a sans doute  des probèmes pour se déplacer, être mal dans son ménage, ne pas gagner  assez, etc.
Mais qui n apas de problèmes en cette vie? Qui? Vous pensez Mademoiselle que ma vie est drôle, dans la solitude, l avancée de l âge, cette perte de poids rapide qui m inquiète, cette anxiété paralysante, ces médicaments qui font du mal autant que du bien? Etc.
Inutile de préciser que je craignais cette prise de sang, a prori. Et que j appréhendais les résultats et que j en ai assez de ce généraliste surprescripteur pour qui le principe de précaution à la surmultipliée est un dogme digne de certaines religions.
Mais voilà; je rencontrai dans la file d attente un de mes voisins qui demande toujours de mes nouvelles (cela doit se voir que j ai vieilli, comme lui, je l ai trouvé vieilli) et heureusement j attends peu et c'est le directeur du laboratoire lui-même qui me prend en charge.
Je ne sens rien, juste un léger pincement et plsueiurs flacons sont remplis sans difficulté. Et une conversation s engage avec le biologiste (50 à 60 ans). Je lui parle de mes tourments, de ces crises terribles d angoisse au point que tel un fou j'ai du interpeler une dame pour lui demander où se trouvait le labo alors qu il était devant moi!
Je lui parle de la mort de ma mère et de ses suites, de la maladie d Alzheimer. Ce monsieur écoute avec bienveillance et comprend; il a senti avec compassion ma profonde souffrance et a compris ce que le stress énorme peut faire à un corps humain; il parle même  de sa belle-mère décédée d Alzheimer et de l horreur de cette maladie (Aloïs Alzheimer a "découvert" cette maladie dévastatrice en 1901 ) et me conseille l exrcice, la marche (mais justement mon bon Monsieur c est le problème je ne sors qu avec difficulté ces temps-ci). Lui-même aime rentrer chez lui fatigué mais c est bonne fatigue. Il a raison ce biologiste. Ah si tous les médecins pouvaient être aussi empathiques.
Le bien que m a fait cet homme en allant plus loin que le geste technique fut tel que je suis sorti de la cabine en le remerciant. Les gens dans la salle d'attente n ont pas du comprendre...Pas grave...
Pour moi un bon médecin c'est rare autant que précieux. Non seulement il doit maîtriser toute la matière médicale mais encore il doit avoir écoute, sens de l observation aiguisé, proximité affective avec son patient, désir ardent de le soulager puis de le guérir sans le faire souffrir.
Il doit pouvoir adapter son geste à la psychologie de son patient, agir vite et bien, éviter les prescriptions inutiles. respecter la dignité de son malade. 
Je pense vraiment à l instar de Pascal que le bon médecin doit unir esprit de finesse, celui de l artiste et esprit de géométrie celui du savant.
Et les plus garnds médecins que j ai rencontrés dans ma vie étaient mus par leur savoir, leur humilité, leur écoute et leur amour de l humain ( jose ce mot; cf "l amour médecin" de Molière) pour leurs patients.
Alors la Médecine servie par de tels hommes et femmes est une des professions les plus nobles qui soient sur cette Terre polluée par le Mal.

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1 novembre 2021

Ce que je dois aux animaux

Je n ai pas d animal de compagnie mais il n empêche...Il m est difficile de econcevoir un monde sans animaux; je pense que ce serait invivable (actuellement un certain nombre d espèces disparaissent suite à la folie humaine).
Je me souviens que dans mon enfance nous avions un petit poisson rouge en bocal; sa mort me bouleversa ainsi que mon frère; on imagine l'effet de la mort d un animal plus évolué...
A Tunis peu de gens avaient un animal de compagnie: question de culture mais surout sans doute plus grande convivialité qu ici. On allait demander à la voisine une aide pour ci ou pour çà...
Mon oncle avait une chatte; je me souviens encore d elle en attente de petits. Il est vrai qu elle avait de l espace à disposition; j aimais aussi les petites tortues au point qu aujourd'hui la tortue est devenue mon animal-fétiche, presque un porte-bonheur.
A mon arrivée à Paris sur mes 19 ans, j étais stupéfait par l importance accordée aux animaux; tous ces gens parlant à leur chien...
Maintenant je comprends: dans cette ville de garnde solitude et de chacun pour soi l animal surtout le chien et le chatcompensent.
Mais la présence animale va plus loin que cette fonction de substitut.
L animal je dirais "humanise" notre environnement. Je prends l exemple d un chat roux dans mon bloc d immeubles; je le retrouve avec plaisir et çà me fait du bien. Mon moral n étant pas très bon ence moment.
L animal nous fait sortir de nous mêmes et de notre cercle habituel de soucis; il nous aide à prendre conscience de la nature qui est évacuée de la grande ville de béton, nous enseigne des choses indicibles et subtiles. Par exemple nous dit ce que nous sommes nous-mêmes, pas des robots, pas des esprits purs, pas des êtres désincarnés, pas des machines à consommer et à produire.
L animal semble nous trnasmettre de profonds et très anciens secrets.
Sa présence mystérieuse nous dit quelque chose sur nos origines, notre corps, notre parenté avec notre univers. 
J ai envie de dire: l'animal est un fabuleux enseignant qui nous fait tomber de notre basurde piédestal et doucement, en silence nous chuchote que nous sommes aussi une part de l univers. Il ne dit rien mais nous murmure que nous sommes cousins et que dans les profondeurs de notre être nous sommes nés de la même Terre.

31 octobre 2021

La magie de l Histoire

Freud a décidément raison; que de fois j ai eu recours à sa théorie pour comprendre la complexité d un être humain! Cette fois je pense à l'importance décisive des premières années de la vie pour rendre compte du profil futur.
Ainsi de mon goût pour l Histoire avec un grand H. Ce goût a commencé très tôt et je me revois enfant lire avec ravissement "Miroir de l Histoire" que recevait mon oncle médecin à titre gracieux (ah! le courrier des chercheurs et de curieux où un érudit répondait aux questions pointues des lecteurs). Le titre a hélas disparu; mais je lisais aussi les articles du magazine Historia qui existe toujours s'étant renouvelé avec succès. En outre j ai parcouru à peu près toute la collection des vies quotidiennes (à Rome, en grèce, des Aztèques, etc) et aussi celle des "Contes et légendes".
Elève "juste" j ai eu de très bons enseigants en Histoire: Mr Berthieu je ne vous ai pas oublié. Vous aviez eu l excellente idée de valoriser les documents iconiques qui pour vous racontaient l Histoire aussi bien que les documents écrits voire mieux; de plus j ai aimé vos cours de géographie où vous expliquiez que les averses ne font pas de bien aux sols. 
J ai toujours aimé les biographies d'artistes, de gens de lettres, de savants. 
Ce qui ma donné l'idée de parler de l Histoire? La belle émission sur l Islam de ce matin avec un érudit parcourant à grandes enjambées les empires et leur politique maritime qui se poursuit aujourd'hui avec les ambitions géopolitiques de la Chine et l imporatnce stratégique de certains détroits.
Hérodote est considéré comme le père de l Histoire mais depuis l aube des civilisations les hommes ont éprouvé ce besoin de marquer leur éphémère passage sur la Terre.
Au delà de la curiosité pour les moeurs d antan et de ce côté roman vrai j aime l Histoire parce qu elle aide à comprendre le présent. 
Retrour au point de départ: comment ignorer le passé d un être, d une institution., d un système économique sans se référer à ce qui les ont fondés?
Les animaux n ont pas d histoire au sens de conscienc réflexive d eux mêmes. De plus, même chez les plus évolués d entre eux il n y a pas cette volonté de lutter contre l oubli...
Faire l Histoire c est à la fois pour un humain l écrire et établir un lien vivant entre les générations passées et les générations à venir.
Je pense à ce propos à un de mes ancien collègues historiens, très brillant qui hélas s'est suicidé au Havre alors que j enseignais au lycée de Gonesse.
Et j ai pensé à ce propos à ce lien entre le goût pour l Histoire et ce désir profond de lutter contre l oubli et contre la mort.



 

 

30 octobre 2021

Le français aujourd'hui

J'ai été élevé dans la langue française bien que, autour de moi, j'entendais parler arabe, italien (ou plutôt la variante sicilienne de cette belle langue), hébreu, maltais. 
Dans le Tunis de mon enfance, véritable melting pot on "voisinait" sans probléme. Que le monde a changé, en mal, hélas; nous le voyons ici avec toutes les informations qui témoignent du mal-être général que le covid a fortement accentué.
Mais revenons au français; j aimais les rédactions et avais de bonne notes en la matière; nous avions à Carnot de très bons professeurs venus de la métropole, en particulier l'un d'eux, agrégé à 21 ans, le plus jeune agrégé de France nous disait-on; la mèche rebelle qu il relevait souvent, costume Prince de Galles et Weston, très myope, il était souriant et il nous aimait c'était clair. Avec lui en 3ème nous avions rempli quatre cahiers de notes; mais lui n avait pas besoin de notes... il nous donnait à faire de véritables travaux de recherche, par exemple: décrire une fête sous Louis XIV...
Et cela me passionnait...
Ce qui m'amène à commenter l'état de cette langue, celle de Pascal, de La Fontaine, de Hugo. Ce qui me frappe non sans un sentiment de tristesse, c'est l'usage, même par des gens de "l'élite" d'un français vulgaire, grossier, obscène, ce français parlé dans les cités qui font la une des médias où toutes les misères prospèrent, en particulier les trafics de toute sorte (impuissance totale des pouvoirs publics malgré les discours triomphalistes).
J en suis sidéré et peiné.
Au point que, du coup, je me demande si par retour du boomerang les "jeunes des cités" ne vont pa se mettre à parler un français châtié...
Je rêve et j'ai besoin de rêve dans cette France ensauvagée, méconnaissable, anxiogène (plus de chants d'oiseaux mais les sirènes hurlantes de la police, des urgences médicales et autres). 
En ce qui me concerne et autant que je peux j'essaye d'utiliser un français "propre" parce que je respecte cette langue qui m'a tant donné. Les livres ont été pour moi dans une enfance saccagée le "refuge et la source" selon la belle expression de Jean Daniel.

26 octobre 2021

Eric Zemmour

Je me décide enfin à parler de ce personnage malgré ma résistance à le faire et les contradictions qui sont les miennes mais qui n en a pas?
Je commencerai pour l évacuer par le côté positif de ce personnage: il est incontestablement brillant, cultivé (on ne peut ne dire autant d autres dirigeants hélas; parfois je pense avec nostalgie à ce que fut Mitterrand sous cet angle), redoutable débatteur.
Passons à l'autre face: on a l impression à l entendre que TOUT se réduit à l immigration; je concède que c est un problème parce que ce pays comme l UE ne peut accueillir "toute la misère du monde".
Voilà j accouche de ce qui est pénible à dire pour moi (car je suis juif et je sais la situation de ces hommes et femmes refoulés de partout pendant la guerre et car j ai des idéaux humanitaires et je vois le paysage humain de ce pays se transformer à grande vitesse, ce qui est très déstabilisant).
Mais les problèmes de la France sont immenses: crise écologique, crise de l'énergie, crise de l emploi, crise de son rôle international, crise sanitaire qui a généré des souffrances énormes, notamment médicales...
Non l immigration qui est, je le répète un problème, n est pas le tout du malaise français.
Même si et c est d actualité l Islam ( 6 à 7 millions?) fait question et gravement; en témoigne le meurtre de Mme Knoll. Moi-même j ai été l objet de propos antisémites émanant de musulmans; je n y peux rien c est ainsi; je répète qu en Tunisie point d antisémitisme de cet ordre et le décalage est détonant; en France 10 à 15 propos antisémites provenant de français "de souche" et en Tunisie deux à trois provenant de corses et d un maltais.
J ai conscience que je peux agacer mon minuscule lectorat mais j ai décidé de parler vrai et cette judéité resort, non que je sois pratiquant ni militant sioniste, non, mais c est une part de mon identité et je n y suis pour rien!
Et c est justement là dessus - le qui sommes-nous, nous français, alors que de plus en plus de gens venus d ailleurs nous renvoient une image étrange de nous-mêmes - que joue avec virtuosité le sieur Zemmour

24 octobre 2021

Sur la solitude...

Il fait gris, froid, et mon mal de dents récurrent est revenu; j ai été victime de crises de panique et Mathieu le fidèle ami de même que le mexicain semblent disparaitre de mon horizon.

 Seule mon amie Cécile m a textoté hier pour avoir de mes nouvelles; je lui ai répondu qu il est dur de vieillir et de veillir seul et de vieillir seul et anxieux; quant à mon frère ( c'est tout ce que j ai en guise de famille) il ne sent rien; les chocs de la vie c'est de l'eau sur les plumes du canard.
Sur un plan plus général, je sens que cette crise sanitaire interminable (en effet çà repart en France) du covid accroît les susceptibilités, enkyste les réfractaires au vaccin et au passe sanitaire (c'est le cas, hélas, de Mathieu qui me promet tant de fois de venir me voir et plus rien: il fait partie de cette partie de la population délaissée, abandonnée, enclavée; je ne lui en veux pas bien sûr car il est empêtré dans ses problèmes: une scolarité difficile et l'obligation de vivre avec papa et amman à 30 ans).
De plus je note que, en tant que vieux, je me heurte à une sourde hostilité ou a minima à une sorte d'intolérance au point que souvent je me dis: à quoi bon vivre encore si on devient dans le regard des autres un encombrant!
Comme j ai dit à un membre de la loge (ici aussi tout est perturbé par ce covid avec ces gestes-prison qu on appelle "barrières") et à mon amie que je vois de moins en moins: je dois faire face à trois chocs successifs: mort de ma mère, perte d'un patrimoine, cet appartement acheté par mes parents en 1978 qui a vu tant d'évènements durs ou agréables, et cette somme d'argent énorme (tout est relatif: le couple de trentenaires acheteurs gagne 16.000 €/ mois: c 'est çà la France de 2021), grotesque pour un homme de mon âge.
Jadis on héritait à 50-60 ans et on pouvait profiter mais  à près de 80 ans!
Je compte faire des donations à la recherche médicale en particulier dans le domaine de la neurologie; récemment un spécialiste disait son découragement; en 20 ans d'exercice il n avait rien à proposer à ses malades!
Pour couronner le tout je suis triste de regarder l'état de ce pays. M. Juvin, de droite mais peu importe la couleur politiquue disait la paupérisation de la France qui s enfonce, s enfonce; c'est pour moi insupportable que ce formidable héritage historique, culturel, économique dont nous devons prendre soin soit à l'abandon (voulons- nosu connaître les ort de la Grèce qui vend ses bijoux de famille à la Chine?).
Le mouvement "en marche" (je ressens dans cette désignation le vain orgueil) est riche...en paroles creuses et en promesses de Gascon; ou alors on vous promet ce qui a déjà été fait.
De Gaulle: "les français sont des veaux"; oui lui avait le droit de le dire avec tout ce qu il a donné à ce pays; peut-être le dernier à se contenter du minimum pour vivre. Un homme d honneur qui aimait son pays, pas les multinationales ni les potentats de telle pyas pétrolier.... et qui avait le courage des mots et surtout des actes!
Pour terminer ce blog dicté par une certaine désespérance (je n ai pas d abonnés ici et presque personne ne vient visiter ce site et alors? )
Comme disait une grande dame dont j ai la photo sur une étagère de livres: "sois à toi-même ta propre lampe, ta propre lumière".
C est une maxime bouddhiste qui revient à dire en bon français: ne comptez sur personne ( j ajouterai: même pas sur vous-même avec ces dramatiques crises de panique que je vis ces derniers temps qui traduisent notamment la souffrance personnnelle intime et celle générée par un pays en chute libre et un monde profondément déshumanisé).

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