Ce matin, après un triste dimanche (je les enfile comme de vilaines perles sur un collier) je repensais à la fameuse formule de Malraux (une autre époque, une autre ère!). Je ne sais même plus si cette formule bien ciselée elle valait encore pour moi...

Qu'une vie ne vaille rien, on en a de nos jours constamment la confirmation; je parle pour moi bien entendu. Au fait si les quelque personnes qui ont encore le courage de me lire se sentent bien en cette époque, qu ils se déclarent. Après tout je peux être en plein "délire" (pas au sens des jeunes; chez eux, le délire c est un plaisir fou!) mais au sens classique de la psychiatrie: le délire c est le fait de sortir du sillon d'après le latin...

Soyons honnêtes: dans ce torrent de mauvaises choses qui me tombent sur moi, j ai vécu un petit moment d éclaircie; ayant retrouvé le mexicain, retour d une période d emploi à Aguascalientes dans son pays (poste important vu ses diplômes de prestige), il a fait mon ménage samedi, une épine du pied pour moi. Après l avoir payé, je lui ai proposé d aller nous restaurer dans un bon restaurant du 15me. Repas de bonne facture, léger arrosé d un vin assez bon.

Et ja i pu sortir, marcher, voir du monde (tiens il y a des gens qui ont l air "heureux" dans cet enfer!) et goûter à ce soleil anormal en cette saison..;

J ai oublié la solitude une paire d heures avec ce jeune homme un peu affectif malgré le passage obligé par la monstration des photos sur son portable; bah on c est comme çà la jeunesse en 2018!

L avantage de ces instants volés: non seulement ils assurent un peu de détente au moment même mais ils induisent un peu d humeur moins morose pour après.

Sinon poursuite de la lecture d Harari; il appartient à cette élite qui souffre moins de ce monde torturé par la seule force de ses talents qui le protège...
Il voit le monde bouleversé par la technologie et l IA. Bientôt il n y aura plus de travail, encore moins que maintenant puisque les jobs supprimés par les automates ne seront plus remplacés...C est pourquoi il propose un revenu universel payé par les super-riches. Mais comment vivre sans travailler, aux crochets des autres? Je laisse la question en suspens; en ce qui me concerne je supporte très mal n ayant pas les talents du jeune diplômé d Oxford.

Il se trouve que j ai visionné un excellent documentaire sur cette IA qui avance à grands pas (tout va très, trop vite). Plusieurs têtes pensantes ont calmement annoncé tout ce que pouvait faire la machine et comment elle "tarvaillait" en comparaison avec l intelligence humaine. Elle puise dans de stocks de données gigantesques et compare telle donnée concrète avec le stock en mémoire; je pense à un médecin-robot: tel groupement de symptômes, à tel âge, dans telle situation etc est assimilable au groupement de tel syndrome. Là le médecin est aisément remplaçable; lui ne peut avoir en mémoire ces big data; on peut développer le même raisonnement dans plusieurs secteurs de l activité humaine...

Certes il manquerait la chaleur humaine, l'affectivité, le soutien; mais déjà des robots sont en vue capable de réagir selon les expressions du vis-à-vis; cela a été étalonné...IL paraît qu il y aurait moins d erreurs de diagnostic, plus de disponibilité, plus de fiabilité du "parcours de soins".

N oublions pas que depuis des années IBM a battu le formidable champion Kasparov!

Mais voilà l être humain n est pas qu une immense mémoire; il est affectivité, créativité, capacité de projet, faculté de questionner le monde...

Un des très grands spécialistes de l IA reconnaissait aimer écouter un vieux musicien de jazz à Greewich Village pour l émotion. 

Et un autre spécialiste disait préférait parler de "bêtise artificielle" car ce que fait la machine c est obéir aux injonctions de ses créateurs et le curseur repart vers Homo sapiens...

Encore que...pour Harari, l'art lui-même pourrait très bien se passer d artiste; il suffirait d engranger les goûts des mélomanes et d inventer des morceaux de musique selon les goûts, les humeurs, l état physique etc de l auditeur saisis et transmis à une immense banque de sons de tous pays et de toutes époques...

Les jeux sont ouverts...

Je note que Harari lui-même, athée, attache une très grande imporatnce à la spiritualité en méditant deux heurs par jour selon l approche Vipassana. C est donc bien qu il y a en l homme un besoin irréductible, un manque fondamental d un tout autre ordre, un questionnement sur son propre être...

Jamais machine, du reste création de l ingénierie humaine ne pourra résoudre la question du sens dont le philosophe-mathématicien Leibniz a donné une formulation lapidaire: pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?"