Le Chaos, voilà l'impression que me fait ce monde de tous les dangers; je renonce à lister le nombre de signes d Apocalypse qui secouent l ensemble de notre planète; il suffit d ouvrir les yeux et de regarder autour de nous, tout près et très loin.

Le Chaos, on le sait, c était chez les Grecs l état de l Univers avant sa mise en ordre  appelée Cosmos (mot polysémique: ordre et beauté; à partir de ce dernier sens, le mot "cosmétique" dérive). Le Cosmos nous suggère une idée de "chaque chose à sa place" et "une place pour chaque chose".

La méditation nous invite à nous retirer en nous non pour fuir le monde devenu chaotique et donc inquiétant (ce n est pas pour rien que j évoquais l Apocalypse) mais pour nous ressourcer afin de revenir par la suite vers ce monde rendu littéralement inhabitable.

L Homme ne peut plus habiter ce monde; c est patent aujourd'hui; on a l impression de forces obscures déchaînées que rien ne semble pouvoir arrêter. La méditation arrive à point nommé; elle nous autorise un répit et une pose (une pause) dans une course sans fin. Loin de signifier un désengagement elle peut au contraire nous inciter à nous engager par la culture de l ouverture au monde (au monde intérieur et au monde extérieur ) qu elle appelle. Lors de mon stage de méditation j ai été impressionné par l engagement courageux de nombre de participants, de la maraude auprès des sans-abri à l aide aux handicapés et eux personnes en fin de vie. Je n oublie pas les enseignants qui donnent pour rien leur conférences qui ont demandé travail et générosité. 

Je reprendrais volontiers cette formule de Marine Manouvrier, une intervenante d el Ecole Occidentale de Méditation: le bouddhisme n apporte ni espoir ni consolation mais transformation.

Je suis toujours aussi angoissé mais j éprouve certes de manière encore fugace et légère comme un sentiment de vivre avec plus d intensité surtout en comparant "avant" et maintenant. En disant cela mon scepticisme apparaît conjointement: et si tout cela était suggestion, imagination? 
Justement ces forces adverses qui sont miennes sont aussi à intégrer et à accueillir comme aspects de la réalité, de ma réalité.

Les analystes du siècle dernier ont pointé la réalité de ces forces de destruction; or le bouddhisme loin de les nier ou de les sous-estimer, nous enjoint de les reconnaître et de les accepter, de leur faire place. 

"Chaque chose à, a sa place"