Je me fais peu à peu au retour sur terre, je veux dire sur la terre ferme de la vie à Paris, déserté (dans mon quartier du moins) et écrasé sous la chaleur. Entre parenthèses, j observe que cette ville se "tropicalise" ou se "méditerranéise" au fil du temps: le climat change à grande vitesse, pas dans le sens souhaité (globalement je préfère l hiver; dans l idéal le printemps est ma saison préférée) et les habitants changent: le type européen est peu à peu remplacé par le type méditerranéen ou africain, sans parler des asiatiques.

Par contre, quelque chose ne change pas; ici, on a des "vagues" successives d immigration, sauvage ou pas: il y a eu le moment maghrébin, puis ibérique puis asiatique puis de plus en plus subsaharien pour parler de manière chic et latino. En fait, ces vagues reflètent l état du monde; dès que la situation se dégrade quelque part nous en avons des effets visibles ici.

Je parlais en titre du Réel; même si lors du stage on a bien insisté sur ce fait: la méditation consiste à observer avec curiosité le Réel, quel qu il soit, il n empêche pour moi qui voyage de moins en moins pour n raisons, ce fut une rare occasion de me plonger dans ce bain de nature apaisante, sans journaux, sans télé, sans internet (cure de désintoxication loin du fracas des nouvelles qui s assimilent de plus en plus à des déchets: ce moment de l histoire humaine, décisif, est celui du Déchet). Autant dire que tout déplacement est pour moi a priori un moment volé.
On sait que toute médaille ayant son revers, les retours sont assez brutaux (même si il y a un peu de contentement à retrouver les "facilités" du chez-soi); aussi une période de transition suit toujours plus ou moins ces retours.
Pour ma part, j ai médité 2 h 30 dans ma chambre, ventilateur allumé (il l est 24h/24).

La foi: je suis toujours dans l incapacité de dire clairement les effets de la méditation sur moi. J ai un peu une tournure d esprit scientifique; si changement il y a, est-il du, ce changement, à la pratique?

Aussi pour reprendre les termes d'un participant au groupe d études (le soir se tenaient des groupes d études d une quinzaine de personnes appelées à s exprimer sur leur vécu de la pratique, ce qui est très bien) le facteur "foi" compte. Ce qui vaut explication et ce facteur est valable dans tous nos actes et nos projets. 

Prenons mon cas: j ai l impression que la méditation ne me semble pas efficace mais qu est-ce à dire? Peut-être des effets ont-ils lieu mais insensibles, trop discrets...Peut-être est-ce que je suis trop exigeant? (à noter: c est chez moi une attitude générale: dans toutes mes pratiques présentes et passées, les résultats evidents et surtout durables sont très rares).

A minima, m asseoir me permet de prendre du recul par rapport aux sollicitations multiples de la vie; et je continue quand même parce que je cultive la confiance, je m auto-suggestionne.

Après tout pourquoi tant de gens célèbres ou pas éprouvent-ils le besoin de se livrer à la méditation? 

Je ne pense pas que seul un effet de mode soit en cause, sinon pourquoi ce mouvement durerait-il depuis les années 70 sur le continent américain sans compter les études et recherches sur la question.

Au moins, en méditant je ne me fais pas de mal ni ne fais du mal aux autres ni à cette pauvre nature que nous maltraitons au point qu actuellement elle "se venge" à la mesure de notre mépris pour elle...