Retour de cinq jours d un stage de méditation...

Bilan dans l ensemble plutôt positif pour moi. Mais je commencerai par les soucis rencontrés: le "choc" de la vie en collectivité surtout dans un environnement qui n est pas celui confortable d un club de vacances, heurt des personnalités, il est vrai limité par la "bienveillance" prônée par la doctrine du Bouddha, choc surtout pour moi du fait de l âge et de ce fait une moindre souplesse d adaptation, de la distraction et un "affolement" (crainte de ne pas avoir entendu telle "consigne", d'être débordé par le temps etc...)

De plus, j étais dans l attente sourde de nouvelles de ma mère de 99 ans, hospitalisée pour un oedème...Par ailleurs, de nouveau, je devais vivre un incident pénible: mon appareil auditif que j ai décidément un mal fou à supporter est tombé en panne (le changement de piles n a rien donné). Il faut dire à ma décharge que les intervenants sont diversement "dotés" sur le plan de la puissance de la voix. Pour moi ce fut une épreuve que de devoir révéler cet incident dans mon groupe de paroles; de plus je me suis enhardi à dire mon âge à un médecin du groupe, un bénévole de 70 ans, lui aussi aux prises avec son appareil auditif (la technique la plus sophistiquée jamais ne remplacera la nature). J ai l âge que  j ai, les origines que j ai, la distraction qeu j ai, les limites enfin que j ai...

Le positif de l'affaire (mais le positif, le négatif, cela ne signifie rien dans l absolu): la rencontre de gens différents, c est-à-dire la rencontre indirecte avec moi-même. J ai observé ma tendance à interpréter. Par exemple, quelqu un à côté de moi quitte la tablée; ne pas nécessairement décoder comme une marque d antipathie à mon égard; les choses sont souvent autres qu on croit; cette personne pouvait aussi être timide et au pire ne me supportait pas.
Pourquoi pas? On est tous pareils sous cet angle; on n aime pas tout le monde et on n est pas aimé par tout le monde; ce "tout le monde" n est pas la maman de rêve.

J ai essayé d être plus authentique, ce à quoi nous invite la méditation; je me retrouve souvent isolé et j imagine qu on peut interpréter cela comme une sorte de mépris; je me suis dit "sois toi-même et ne joue pas à être ce que tu n es pas".

J ai de fait un fond de timidité sociale doublé de la crainte (j ai du mal avec çà) du rejet. A travailler.

Mais il y eut des moments "magiques" pour moi: la splendeur de la nature, la belle verdure normande qui me rafraichit après la touffeur parisienne (que je retrouve à mon retour en plus accentué; plus besoin de se rendre aux îles de la Sonde; on a çà sur place); cet oiseau qui se heurte contre la vitre de la fenêtre alors même que le conférencier parlait justement d oiseau; cette jeune fille très réservée d un groupe de paroles qui vient vers moi en me disant (ô surprise!) qu elle m a trouvé respendissant et même beau (!). Très ému, et surtout étonné (je venais de parler de ce corps, le mien que je sentais mort) je l embrassai en lui disant combien ces mots me faisaient du bien en ce moment surtout.

La vie ne peut être circonscrite par la raison ni par les mots ni par la pensée.