Comme chaque été, malaise et torpeur pour moi, accentué par la chaleur quasi-tropicale qui s'abat sur une ville de pierre...
Je n'aime pas sortir en temps ordinaire et pour aller où? A fortiori par ces grandes chaleurs.
Aussi je regarde la télé; heureusement de bonnes émissions perdurent notamment sur l excellente chaîne Arte. Une double émission sur Sinatra dont on commémore le 20me anniversaire de la mort cette année (déjà!).

Je me souviens comme si c était hier du jour de son décès où justement la télé relayait cette mort qui m avait attristé; Sinatra pour moi c était la voix de l Amérique, ce signifiant qui m a en partie construit.

A travers ce riche documentaire, très bien agencé, j ai appris tant de choses sur un personnage au total contrasté, hors du commun et d une générosité qui m a beaucoup touché; j ai appris qu'avec courage il avait pris le parti de ses concitoyens noirs ségrégés. Homme à femmes, il avait sur les plus belles actrices un pouvoir de séduction irrésistible. On connaît ses accointances avec la politique, notamment sa proximité avec J F Kennedy. moins reluisants ses liens avec la Mafia, mais les choses sont sans doute plus compliquées; il est né dans un quartier populaire de New York et je suppose que la Maffia était familière et se présentait plus comme une société d entraide (l image qu on en a, certes authentique est partielle vue d ici: c est celle véhiculée par les films noirs) qu autre chose.

Mais pour moi alors que de plus je souffrais hier d une brusque rage de dents, cette rétrospective m a ravi. Une puissante vague de nostalgie m a submergé. Kennedy, l "heureuse Amérique" des années de prospérité, JFK, ma jeunesse.

Cette vague, sans compter l incontestable charisme de Sinatra, était d autant plus forte que j est mal à mon âme alors que et la France et l "Amérique" et le monde vont mal.

Pour moi ce documentaire c est un peu l équivalent des histoires que le père raconte tous les soirs à son enfant pour qu il s endorme, la même histoire mais toujours écoutée par l enfant avec le même intérêt...

Charme de l'éternel retour, le connu mêlé à l inconnu, comme un apprivoisement du merveilleux et un sentiment de sécurité. 

Je suis bien (chez) moi...