On ne verra pas bien le rapport entre les deux a priori et je le comprends...
Ici je parle souvent des tensions sociales qui parcourent le pays (Paris, il faut le dire n'a pas le monopole de la "parole décomplexée" comme disait avec crainte un avocat célèbre). Aujourd'hui je ferai état de cet nette dégradation dans les rapports entre les gens en particulier dans les médias; il faut dire que sur un plateau de télé du genre BFM (Pour qui roulent-ils ces journalistes au fait? Ce n est pas le sujet mais j aimerais donner mon avis une autre fois) tout semble stimuler l affrontement: les questions percussives des journalistes, la présence d amis de l interviewé, le fait de se savoir regardé par des millions (réels ou potentiels) de gens à convaincre...

J'ai assisté via You Tube à un vif échange entre Jacques Attali et Michel Onfray. Je n'apprécie particulièrement ni l un ni l autre, le premier pour sa suffisance d éternel premier de la classe et l autre pour ses paroles à double détente (un exemple à propos du débat qui les opposait sur un plateau de télé retransmis par You Tube). Onfray parlait de "collaborateur" au sujet d Attali puis devait retirer ce mot immédiatement; je ne crois pas qu il s agisse d une erreur ou d une distraction. Onfray est rompu au débat dans l espace public.

Au delà de la vivacité voire de la violence des propos (de la comédie? Je ne pense pas) je suis frappé par l'enfermement de chaque protagonistes: combat des égos (Souvenons-nous: Platon: "je te remercie d avoir préféré la vérité à moi-même"). En gros Onfray reprochait à Attali son libéralisme économique sur le thème du choix des riches. Cette thèse est défendable malgré la défense de l'action d Attali en faveur des banlieues (Ah? J ignorais et je m en étonne, compte tenu des activités financières d Attali). Quant à Onfray, j'avoue que si j apprécie ses cours de philosophie "populaire" dispensés dans son Université de Caen de même que ses talents de pédagogue, il y a chez lui, du moins c est ce que je ressens, une obscure fascination pour les régimes dictatoriaux; pas net tout çà).

Mais au delà de ces deux personnages très médiatisés, je suis sidéré par cette brutalisation de toute la société.

Je sais bien; on peut m objecter qu à telle ou telle époque les écrits comme les paroles allaient bien plus loin dans la férocité (entre deux guerres en France) mais je compare ce que j ai connu personnellement il y a 10, 15 ou 20 ans et ce qui se passe aujourd'hui.

Cette tension palpable, cette parole libérée qui s affranchit de tous les interdits et de toute bienséance, je la comprends comme un symptôme parmi d autres du phénomène Internet où des torrents de boue sont déversés sans modération ni modérateur à chaque seconde en particulier sur You Tube et ailleurs sur les réseaux sociaux. Entre autres j ai visionné un clip sidérant et bourré de contre-vérités sur la Franc-Maçonnerie regardée comme l antre du Diable (on se croirait revenu au "bon vieux temps" de Vichy; patience on y est presque); et je ne parle pas du négationnisme bon teint et autres racismes qui fleurissent sur le net.

Parmi les motifs de cette déferlante de haine: la crise économique qui perdure depuis près de 50 ans en France, avec son cortège de rivalités, de rancoeurs et de défiance, l influence de cette violence à l américaine (on subit de plus en plus cette influence ici et je suis d autant plus à l aise pour le dire que je ne suis pas anti-américain), le nihilisme généralisé (plus rien ne compte ni personne), les provocations calculées de la "monarchie" actuelle donc tout va dans le même sens: enrichir encore ceux qui ont déjà tout et mépriser les classes moyennes qui n ont pas su prendre le train du progrès; quant aux pauvres, ils le sont de par leur faute, air connu (Thatcher et alii).

L Etat est impuissant et partial, alors on s'en prend aux citoyens en difficulté selon la bonne vieille recette du bouc émissaire.

A contrario, j ai apprécié le nouveau patron de FO, calme et maître de lui soumis au feu roulant de critiques de son vis-à-vis journaliste. 

Il nous faisait savoir que des dizaines de soignants ont du faire la grève de la faim pour avoir des postes nécessaires pour faire face à l afflux de malades aux urgences. Pendant ce temps, on investit à tour de bras dans l industrie de la guerre. les pauvres n intéressent pas en haut lieu: discours classique du libéralisme sans entraves. Cachez-moi ces gens que je ne saurais voir...

Au fait qu en pense le conseiller de tous les princes, Jacques Attali? Quelle question!

PS/ Je viens de m apercevoir à la correction des fautes de frappe; je n ai pas parlé de la Coupe du Monde et de son tintamarre. Espérons que la France gagnera; on aura un peu la paix quelques jours, au moins çà!