Dimanche bien triste; l hiver oui l hiver semblait de retour (je viens de m acheter des vêtements d été mais passons); pluie, peu de monde dans les rues, boutiques fermées.

Accueil froid du restaurateur chinois (peut-être était-il mécontent du chiffre d affaires en vue: deux clients seulement dont moi) et session de "prière" à Happy Science qui me rebute un peu je l avoue.

Mais le bouquet ce fut la "découverte" (qui n en est pas vraiment une puisque j ai vu ces robots à l oeuvre chez Gibert, le grand libraire du quartier latin il y abien plus d un an) de robots à la place des caissières (même triste spectacle dans l hypermarché de Cannes près de la gare en février). Plus de caissiers ni de caissières donc; à la place ces machines d'usage aisé, reconnaissons-le. Un ou deux bonshommes étaient présents pour "aider" les clients. Je n'ai pu m'empêcher d'exprimer tristesse et colère mêlées en mettant l'accent sur la déshumanisation qu on accélère alors qu elle est déjà meurtrière. Aucune réaction ou presque des rares clients. On s'étonnera de la masse de chômeurs après et du cortège de souffrances généré, forcément: suicides, addictions, criminalité, explosion de ce qui reste encore du lien social, enfermement accru dans le petit moi fragilisé (la mégalomanie n étant que le revers de ce sentiment de petitesse du moi)

Je ne suis rien qu un grain de poussière là dedans; que puis-je faire face à ces tragiques évolutions?

Je pose une simple question, une seule: que deviennent concrètement les caissiers et caissières?

Moi qui vis seul, j'appréciais le sourire, les quelques mots échangés, voire l expression sur le visage des employés à présent disparus. Bien sûr les contacts interpersonnels sont loin d être toujours faciles mais un contact reste un contact; on est moins seul, on se sent moins seul dans une ville abstraite à force d anonymat.

Comment être heureux face à cette évolution qui ne fait que débuter? Les psychanalystes se raréfient et les coaches, marchands de développement personnel (en trois sénaces on est réputé "heureux") se multiplient. Signe des temps.

On n a jamais autant parler de bonheur aujourd'hui; en creux le terrible mal-être d une société qui fait passer la machine avant l humain et l ARGENT avant l amour...