Il en a certes toujours ainsi dans la vie humaine d où dans l Antiquité le recours aux prophétesses et aux devins; plus tard on a eu les cartomanciennes et aujourd'hui peut-être les mediums...

L être humain ne supporte pas l incertitude; il voudrait savoir à l avance, prévoir ce que demain lui réserve, toujours inquiet pour son avenir. Mais notre époque que - on l aura compris -  j adore (antiphrase, soyons pédant) est décidément celle de la Grande Incertitude et ce dans tous les secteurs de la vie, du quotidien en particulier. J avais enfin trouvé un jeuen étudiant pour m aider dans mon ménage; il devait travailler dimanche, hier donc à 18 heures; c est quelqu un que je connaissais déjà comme étant sérieux et ponctuel. Or voilà que dès le premier jour il m appelle: il aura du retard, au motif qu un voyageur s était jetè sous les rames du métro; je note que les incidents se multiplient sue les lignes et les alibis ont tous été utilisés: suicides (que de suicides: admettons que ce soit vrai: c est encore un signe de la crise profonde qui secoue ce pays qui regarde dans son rétroviseur (Le Pen cite dans ses "mémoires" Maurras, Bardèche, Pétain; on avance à reculons) tant son avenir est incertain pour le coup), pannes d électricité; colis suspects (la Poste aura plus de boulot alors que cette entreprise s est appauvrie), etc

Je rveins u jeune homme de ménage: sa première tâche: faire des achats pour lase maine avec le caddie: le Franprix voisin d habitude toujours ouvert le dimanche était fermé. Pourquoi? On ne sait pas; bien, je lui indique un autre Franprix, plus petit pas très loin: fermé aussi. Il y a peu les supermarchés avaient des horaires fixes et s y tenaient. Point et tout le monde s'y retrouvait. Franchement est-ce un "progrès"?

On sait aussi l imprévisibilité de certains hommes politiques: on brûle ce qu on a adoré la veille; quant à la sphère économique c est le pompon. Une usine qui tourne bien ferme et licencie. Pourquoi? On l ignore et tout à la avenant; dans ma propre petite sphère (j en ai souvent parlé ici; on arrête brutalement un cours parce que l élève a eu une mauvaise note. On pense ainsi apporter une solution; en fait c est la pensée magique qui l emporte sur la soi-disant rationalité.

J ai envie de dire: l incertitude est déjà le lot de notre fragile humaine condition, ontologiquement. Pourquoi en rajouter encore?

Age de la science, de la technologie, des statistiques, des big data. Jamais on n'aura vécu avec ce chambardement permanent. Comment vivre sans fiabilité aucune? Comment agir si on ne connait pas les effets de son action?

Même le bouddhisme dont on sait la vogue actuelle dans certains milieux s il reconnaît l importance de l impermanence (tout passe, alors autant s'habituer à l'inhabituel justement) admet derrière le samsara (le jeu des apparences) le nirvana, le monde de la santé primordiale de la lucidité de qui aura atteint la stabilité certes relative de l esprit quand il aura levé le voile des apparences et démasqué la précarité du Moi.