Un mal de ventre persistant malgré les médicaments habituels augmente mon anxiété de base alors que les soucis ne manquent pas, plus que jamais; ils arrivent en rafales à peu de temps de mon anniversaire qui ne signifie rien pour moi, à part que je vieillis et qu on n aime pas les vieux dans une société valorisant la jeunesse, la performance, le culte du corps; on a la religion qu on peut...

Et mon esprit de phosphorer dans un sens négatif comme il se doit: consultation de dictionnaires médicaux, de sites internet, observations sur ce qui a bien pu provoquer ces maux; je n ai pas de fièvre sinon et vaque à mes petites activités; la journée d hier fut assez pénible en particulier avec la jeune fille de l après-midi, me harcelant de questions de type "jeux télévisés", très précises et raisonneuses. Cette élève est visiblement la "bonne élève type" mais il y a au sein de la catégorie des "bonnes élèves" des sous-catégories.

Celle-ci est du genre "harceleuse". A l heure où l on parle sans fin du harcélement des femmes par les hommes (c est un fait mais ne pas exagérer non plus; on tombe à présent dans l hystérie!) il est bon aussi de parler de ce que subissent les hommes à cause des femmes; a-t-on pensé un instant aux mères, veuves, soeurs abusives: mère de Baudelaire, soeur de Nietzsche, etc

Prenez mon cas (j en parle, soyez en persuadés avec peine): ma mère (malheureuse femme actuellement farppée de cette terrible maladie d Alzheimer) a squatté mon identité, imposant une relation fusionnelle avec elle et déterminant jusqu à présent ma terreur des femmes (le mot n est pas fort pour l inconscient). Je suis un autre pour répéter Rimbaud mais hélas un autre que celui que j aurais du être sans cette femme qui m'a instrumentalisé certes en toute bonne cosncience pour combler son manque à être: j étais le doudou, le joujou, le pénis (pour reprendre la métaphore analyitique parlante)
Combien d hommes pourraient en dire autant? 

Penser à cela aussi, au rôle déterminant de certaines mères (je me garderais de généraliser) pour le façonnage de leur enfant.

Les hommes se sont imposés dana l Histoire avec certes des exceptions parce que la répartition des rôle s est faite ainsi, avec l assentiment des femmes.

A-t-on pensé à ce simple fait? Les femmes jusqu à présent ont eu ce pouvoir exorbitant de donner la vie, c est-à-dire la mort à d'autres, filles ou garçons.
Quel pouvoir non? Et si la "suprématie des hommes" était liée à ce pouvoir exorbitant des femmes, comme un équilbrage des fonctions?

Je suis désolé mais je parle d après ma propre expérience malheureuse, ma vie scandée de consultations de thérapeutes, émaillée de crises existentielles graves, d anxiété sourde,de manque de confiance en soi, de peur de la vie.

On se doute que l âge avec son cortège de maux n arrange rien.

Je terminerai par une note optimiste, pas pour moi, pour les autres: l interminable débat autour de l affaire Weinstein aura eu au moins l utilité de faire réfléchir à la place des femmes et à la place des hommes dans une société qui change très vite.

Qu on n oublie pas dans ce débat très animé et important que:

1) des hommes ont été séduits et réduits par des femmes

2) des hommes aussi peuvent être harcelés et subir des mauvais traitements de la part d autres hommes (je pense aux gay) et de femmes viriloïdes à la féminité mal assumée.

La note optimiste: une mère intelligente et épanouie saura élever son petit enfant dans la douceur et surtout le respect de son autonomie à construire, en collaboration avec le père.

Freud étant lui-même un parfait exemple (il le dit lui-même) d un fils comblé par une mère aimante et respectueuse de son être en devenir.

Conclure: s il est difficile d être une femme, il est aussi (parfois plus) difficile d être un homme...