Je me rends de plus en plus compte de ce fait: que la vie n a pas grand sens, sauf à être croyant convaincu (et encore: on sait que ceux qui doutent le plus douloureusement sont souvent les gens de foi) ou à vivre comme une chose animée.

Je serais tenté d ajouter que ce sentiment qui m étreint, je le ressens plus fort encore à cause de mon âge (de plus en plus mes séances de méditation tournent autour de l idée de la mort, pas de la mort elle-même, l impensable suprême) et à cause de la période de l Histoire que nous vivons (quelqu un, un "expert" sans doute, bardé de diplômes sans doute disait que ce temps se vivait de trois manières: triomphaliste avec les avancées de la science (mais j en vois de plus en plus les limites), mitigée (il y a du bon et il y a du mal comme toujours dans l Histoire que Shakespeare déjà disait que c était une absurdité dite par un dément) ou anxieuse (c est mon cas: la poussée de la robotique, d Internet et de la virtulaisation des relations laisse prévoir la fin de l Homme, tel que nous le connaissons).

Il me parait difficile de prévoir une ère de bonheur "relatif" avec l armée de chômeurs qui grossit, le principe de rendement tout-puissant ( j aime particulièrement la vitesse avec laquelle les caissiers des supermarchés vous remettent les produits et votre monnaie; image synthétique de ce monde déshumanisé au plus haut degré)

Hier je parlais de Malraux; il me semble que c était une époque archéologique que j évoquais;

Au siècle de l image et des télégrammes en guise d articles de journaux, un nouvel analphabétisme se développe.

Orwell, Kafka, Ionesco seraient les prophètes de ce temps maudit.

D où vinedra l espoir s il y en a un?