C est sur cette lancinante question que se terminait le blog de ce matin; lancinante et incontournable pour qui pense un peu, surtout en ayant  traversé une grande part de son parcours terrestre en toute logique.

Certes une sorte de désabusement pouvait se deviner comme bruit de fond sur lequel se détachait cette question.
Question que certains ne se posent pas ou plus (à prendre ce "plus" de manière radicale ou pas); question que d autres posent différemment et surtout à laquelle ils répondent différemment.

Malraux y répond à sa manière: "une vie ne vaut rien mais rien ne vaut une vie". Je crois que à travers tant d épreuves (tout le monde en a, je sais bien et chacun, dans une compétition absurde de se convaincre que ses épreuves à lui sont les plus dures) c est une réponse qui m irait venant de la part d un homme que l on peut considérer comme accompli; à la fois homme de pensée et homme d action, proche de De Gaulle et auteur flamboyant, passionné d'art et fasciné par les civilsations qui sont comme la parure gumaine de cette planète, écrivain que l on étudie dans nos écoles ("la condition humaine"), inoubliable orateur à l occasion de l entrée au Panthéon de Jean Moulin qui honore la France et l humanité car au-dessus de sa personne il a vécu et est mort pour un idéal qui le transcende.


Je me souviens de la voix un peu sépulcrale de Malraux résonnant dans la nuit froide pour évoquer le "peuple des ombres" qui, debout, a refusé le destin macabre qu on a imposé au pays vaincu (et ce mot c est celui même de Malraux: "l art est un anti-destin"; ici c'est l acte du refus suprême qui se pose comme un anti-destin).

Je ne suis pas un héros de cette magnitude mais j ai besoin d admirer encore.

Et peut-être ne savons-nous pas pourquoi nous vivons en effet mais au de là de la désespérance qui s empare de nous face à la brutalité de notre espèce et à la pérennité de cette brutalité infatigable, aujourd'hui plus que jamais, nous balbutions sans le savoir et sans le vouloir une réponse, chacun à sa manière à une question qui ne nous est pas posée: "pourquoi vivons-nous?"