Ce matin j apprends que six personnes ont été poignardées à Paris, six! Et aux USA, de nouveau les armes ont parlé: une vingtaine de jeunes élèves ont été froidement "descendus".

En cette époque bénie des dieux, quoi que vous fassiez, vous êtes au courant de tout ce qui se passe chez vous et ailleurs et bien entendu les mauvaises nouvelles qui font vendre sont au premier plan.

Interrogez historiens, sociologues et "experts": la violence aurait sensiblement reculé à notre époque. Sans doute, par définition ces gens sont-ils mieux informés et formés que le citoyen de base.

Peut-être en effet mais je ferai deux remarques: la violence de ce temps est plus insidieuse, plus multiforme, plus quotidienne, plus imprévisible; de plus nous avons développé une sensibilité différente à la violence.

La violence n est pas seulement le nombre de guerres dans le monde (toujours autour d une centaine) mais en Europe et en Occident cette violence des institutions, la violence dans les entreprises, la violence des relations (l indifférence des gens n est-elle pas aussi une forme de violence?), la violence dans les stades, la violence faite aux personnes différentes de vous etc etc

Du reste, les taux de suicide, le burn out témoignent à l envi de la violence "ordinaire",  celle qui intoxique nos vies. L être humain devient une chose, une variable, un objet à jeter.

La France comme toute l Europe voit de nouveau se lever le spectre des extrêmes en politique. 

Ce pays comme les autres est malade de cette violence qui ne dit pas son nom...

La haine et la méfiance à l égard de l autre sans compter l absence totale d affectivité ne signent-elles pas l extraordinaire violence très particulière qui affecte de sociétés qui doutent d elles-mêmes et in fine ne s aiment pas.