Dans le blog d hier encore sous le coup d une nuit totalement blanche je disais ma désespérance qui est celle de bien des contemporains âgés ou pas qui expérimentent l effondrement des solidarités (je crois le phénomène mondial: certains le vivent bien d autres mal ou très mal et c est mon cas).

Cela étant un peu plus calme ce matin ayant "récupéré" un peu, je me dois de noter une sorte de "prise de conscience" qui m étonne moi-même, celle de la manière très différente dont les humains se traitent mutuellement, du regard qu ils se portent les uns aux autres au point qu on peut parler d univers mentaux presque opposés.

Qu on en juge à partir de deux exemples: je pense avoir déjà parlé de cet homme, père d élève qui ne supportait pas ma mention "démotivé" à propose de son fils au point de me tancer et de me lancer un regrd "torve" et quasi menaçant. Dois-je rappeler que ja n ai fait qu observer et rédoger mes observations; je ne peux quand même pas mentir pour faire plaisir à cet homme prenant ses désirs pour la réalité. Le dernier cours car ce personnage finalement à plaindre pour tant d immaturité amis fin à ma collaboration s est passé alors que le jeune a passé son temps à jongler avec son stylo bille entre les prises de note. Mais ce n'est pas fini j ai appris par la conseillère pédagogique de l'organisme qui m emploie que le père a passé son temps derrière la porte à écouter le cours.

La confiance règne on le voit; je plains les collaborateurs ou subordonnés d un homme de famille noble semble-t-il. Ce ne doit pas être la fête tous les jours!

Maintenant je voudrais justifier la prise de conscience récente qui s est opérée en moi (par la même occasion je porte un jugement sur ma manière de voir le monde).

J ai assisté à une intervention d un jeune collaborateur de l équipe en général remarquable qui entoure Midal fondateur de l Ecole Occidentale de Méditation. Ce jeune  évoquait devant un large public plus celui de You Tube son expérience d éducateur de rue et celle, plus récente d essai d introduction dans les écoles de la méditation, de ses difficultés et de ses succès.

Une chose m a frappé: la conclusion qu il a tiré; selon lui ces jeunes déconcentrés (cela rappelle mon élève de tout à l heure) et agités seraient plutôt "isolés" et en plein mal-être.

Dans cette observation pas de jugement ( c'est bien ou mal) mais une approche compréhensive et humaine. A nouveau comprendre avant de juger. C est alors qu une prise de conscience s est opérée en moi. Je n'avais que trop tendance à accuser, mettre en avant la faille avant la blessure.

Pour faire gros on pourrait opposer Eichmann comptant les humains comme des marchandises en stock et flux avec une secrète jouissance du devoir accompli et disons le Dalaï Lama prêt à comprendre son ennemi chinois.

Un abîme sépare ces deux êtres. Au point de nous demander: ces deux là appartiennent-ils encore à la même espèce ...et pourtant oui!

Je pense avoir clairement compris ma propre attitude, ni dans la compréhension totale ni dans l accusation facile.

Mais c est déjà un petit progrès...Et je me pose la question en ce qui me con cerne: peut-être ma pratique assidue de la méditation y est-elle pour quelque chose (deux heures par jour).

Pour revenir à l odieux personnage du début je n en suis pas à l attitude de bienveillance aimante prônée par le Bouddhisme...Mais quelque part un peu quand même; je plains cet homme dans le fond de passer à côté de la richesse humaine et de sa complexité, de se satisfaire de jugements hâtifs qui closent le problème avec violence au lieu d écouter patiemment et douvrir son coeur.

Il y a un long chemin à parcourir pour moi car comme les autres je sens bien que les déterminsimes familaux oeuvrent depuis longtemps et qu il est malaisé de s en défaire!