Après mes deux blogs sur l humour et l humeur, c est de moral qu il va s agir. Il est clair qu il varie ce moral mais que dans l ensemble il n est pas bien positif; on devinera que l'époque n est pas propice aux réjouissances. Si vous oubliez que notre époque est dure, sortez de chez vous et voyez: les quémandeurs et les sans-abri n ont jamais été aussi nombreux; de toutes façons, les médias sont là pour continuer la litanie des mauvaises nouvelles.

Je suis mal en général et je fais ce que je peux pour combattre ma difficulté de vivre; je ne reviendrai pas sur tout ce que je crois pouvoir faire pour assurer ce combat.

J ai pensé qu un petit bilan s impose en ce début d année; ja i toujours éprouvé le besoin de faire le point.

La catastrophe français étant aussi la mienne puisque j ai la "chance" de vivre dans ce pays, je regarde le petit microcosme où j évolue. N ayant pratiquement plus de famille (avec une mère Alzheimer, un frère bloqué et absent affectivement, une belle-soeur presque autiste que je ne vois plus depuis environ cinq ans, on ne sait pourquoi et surtout une nièce qui suit la voie de sa mère) j ai comme "ressources" deux à trois amies que je rencontre de loin en loin, mes collègues de la société de pensée que je rencontre occasionnellement et surtout mon jeune ami fou de cinéma que je considère comme mon filleul jusqu ici (dans une époque tourmentée rien n est sûr hélas).

Je m en sors (entendre je ne deviens pas fou tant les contacts humains vrais me manquent douloureusement) grâce à la thérapeute qui m apporte la "réassurance" dont j ai besoin.

J ai encore la méditation qui paraît-il me rend plus posé (deux heures/jour) et la fréqunetation de Happy Science France qui me fait du bien parce que j y trouve une famille de substitution.

Sinon j ai quelques élèves qui me font oublier mes soucis et me donnent l impression de rendre service.

Le marasme épais qui est le mien et sans précédent semble répercuté, démultiplié et amplifié par un temps sinistre.

Comment être "heureux" avec une armée de chômeurs, des politiciens qui ne pensent qu à eux, une augmentation ininterrompue des charges et du cou^t d ela vie, les agressions multiples de la vie postmoderne, la destruction systématique et folle de notre maison terre, de notre mère (mer)?

J étais sur une des îles de Lérins, l île St Honorat alors que j ai fait un séjour bref à Cannes, ce lieu de mémoire et de beauté pour moi.

Je fus frappé d abord par le silence (malgré mes acouphènes permanents) un luxe sans prix par ces temps de hurlements, le côté sauvage des lieux, la sensation d être ailleur, loin, très loin du vacarme et de la folie ambiante.

La mer tout autour puissante et éternelle nous mettant au contact de l essentiel, le monastère calme, équilibré, éclairé par le soleil en plein mois de janvier.

Je repensais alors au film "Vertigo" d Hitchcock, l un de ses chef d'oeuvre. Avec aussi un monsatère, aussi de style hispanique.

J étais loin, très loin de ce monde de peine et de tracas.

Cela m a fait penser au tableau de Böcklin l île des morts et à l oeuvre musicale de même titre magnifique.

J ai songé à la mort et à l éternité et à présent à l Infini qui nous entoure et que nous renfermons en notre corps et en notre âme.

Au delà de notre temps, au delà de notre espace, au de là de notre moi fragile et vain.

Une leçon, un bain dans l essentiel.